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Récit authentique

Le square de la Trinité se trouve sur la place d’Estienne d’Orves. Pour rappel, le personnage cité fut le premier officier et résistant français fusillé par les Allemands lors de l’Occupation. On en parle peu, que voulez-vous ? Il était monarchiste et fréquentait l’Action Française quand le Parti Communiste avait du mal à rompre son alliance avec l’Empire nazi.

Sur le banc, jouxtés à mes côtés, trois jeunes gens, deux garçons et une demoiselle, devisent et semblent en colère. Après les salutations d’usage ils me font part de leur mécontentement. Ils n’ont plus accès à leurs cours d’Université et n’osent pas exprimer leur désaccord de peur d’être molestés lors d’une Assemblée Générale. Leur crainte est de ne pouvoir se présenter aux examens et, de ce fait, rater une année d’étude. Ils expriment un sentiment de peur et d’impuissance devant les actions et prises de parole des occupants des facultés françaises.

Le premier est d’origine asiatique et reste taiseux mais semble beaucoup souffrir de cet état de fait. Le second est africain et me révèle que ses parents ont économisé toute leur vie pour qu’il puisse aller en France et obtenir une bourse pour suivre des études supérieures. Quant à la troisième personne, elle craint de revenir à l’Université, car elle est de confession juive. Ces trois personnes marquaient une grande reconnaissance à la France, mais ne comprenaient pas l’ostracisme dont ils étaient victimes de la part des factions totalitaires qui étaient devenues « les dictateurs » des lieux du savoir que mes nouveaux jeunes amis avaient tant souhaité rejoindre.

De surcroit, ils ne comprenaient pas pourquoi les Pouvoirs publics n’intervenaient pas pour défendre leur droit à l’Instruction. Pendant ce temps « les petits bourges » bien de gauche et nantis envahissaient la Faculté de Sciences Politiques…

J’ai été très heureux de rencontrer des amoureux de la culture de notre pays, et malheureux de l’accueil qui leur a été réservé par ceux qui se prennent pour des héros et ne sont que des enfants gâtés d’un gauchisme chic et totalitaire.

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Auteur de l'article : Bruno Stéphane-Chambon

Chroniqueur théâtre