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Les Manuels de la Résistance

La complicité commerciale et idéologique des éditeurs et de nos prétendus éducateurs impose à nos collégiens des programmes d'histoire de France toujours plus marqués par le politiquement correct. Les ouvrages que Dimitri Casali présente ici sont donc particulièrement bienvenus.

Le 1er septembre 2019 sont sortis trois ouvrages d’histoire-géographie pour les programmes scolaires du cycle 4 (5e-4e-3e). Ces ouvrages seront aussi diffusés en version gratuite sur le site de la Fondation Aristote qui a porté le projet ICI. Ils se veulent une référence en matière d’intégration numérique, puisque chaque chapitre est enrichi de contenus multimédias, de documents pédagogiques et d’exercices accessibles en ligne.

Leur particularité est de développer une approche équilibrée des nouveaux programmes actualisés (2019-2020) dans le respect d´une progression cohérente et exigeante, avec une riche iconographie. Cet équilibre passe par l’évocation de tous les aspects de notre histoire aussi bien positifs que négatifs.

Mais ces manuels entendent aussi et surtout combler les immenses lacunes des programmes officiels… Ils reviennent de façon chronologique sur les dates clés qui ont fait notre histoire et font la part belle au « récit national » avec ses grandes figures oubliées, ses œuvres fondatrices, guerres et batailles, périodes-clés, institutions… Ils s’inscrivent ainsi dans la continuité des grands manuels de Lavisse et autres Malet et Isaac, se proposant avant tout d’apprendre aux élèves à aimer la France¹, en leur faisant découvrir la permanence de ses héritages, chrétien et monarchique d’une part, républicain et laïc d’autre part.

Adrien Weiss se présente comme « SocioLOLogue atterré. Working-class queer. Prof-workaholic. Du côté de ceux qui luttent. »

Les programmes officiels catastrophiques

Depuis la rentrée 2016, les programmes d’histoire au collège ont été remaniés, évacuant en particulier l’héritage chrétien et monarchique de la France. C’est évident à la lecture des manuels scolaires des grandes maisons d’édition comme Nathan ou Magnard. Cette volonté idéologique du ministère de l’Éducation nationale fait désormais de la famille le seul cadre par lequel cet héritage peut être transmis.

Comment parler de l’Histoire de France sans évoquer les bâtisseurs de cathédrales dont l’art a irrigué l’Europe entière ? Notre volonté première est de replacer l’héritage chrétien et monarchique de la France dans son histoire. Que serait la France sans Notre-Dame, Chartres et Reims ? Depuis le Moyen-Âge, les cathédrales gothiques ont fait la gloire et le rayonnement de la France à travers toute l’Europe. À cette époque, on ne parlait d’ailleurs pas d’art gothique, mais d’art français.

Nous évoquons les grands rois, comme saint Louis, qui ont fait de la France la fille aînée de l’Église. Sans parler de Jeanne d’Arc qui, elle aussi, avait disparu comme par enchantement, ou plus exactement était expédiée en deux lignes, mentionnée seulement comme celle qui a aidé Charles VII à reconquérir son royaume. On retrouve ces disparitions notamment dans les manuels de 5e publiés par Magnard comme chez Belin.

Tout cela s’expliquerait par la volonté affichée de ne pas choquer les nouveaux arrivants, et les enfants d’immigrés de la troisième génération…

Dès 2004, de nombreux rapports, tels que le rapport Aubin, mentionnaient déjà le fait que lorsque l’étude d’une cathédrale leur était proposée en classe de cinquième, ces enfants refusaient d’assister à la classe. On constate donc bien cette volonté communautaire de refuser l’héritage chrétien, de s’intégrer à la communauté nationale et d’accepter son histoire et sa culture. Pour revenir sur l’évacuation de saint Louis des programmes d’histoire de 5e, cela tient naturellement au fait qu’il est constamment fait mention, dans la littérature djihadiste, des croisés, et Louis IX est le roi-croisé par excellence…

Culpabilisation et criminalisation de l’histoire de France

Au sujet de la période coloniale, on inculque à nos enfants que les Français ont été des esclavagistes au XVIIIe siècle, d’infâmes colonisateurs au XIXe et de honteux collabos au XXe. On impose l’idée de la culpabilisation, voire de la criminalisation de l’Histoire de France. On a pu constater dans les autres manuels, et notamment la troisième édition du Magnard dirigée par Benjamin Stora, la volonté de minimiser le rôle de la présence française en Algérie.

Le manuel ne parle que des exactions commises par l’armée française et des attentats de l’OAS. À aucun moment les attentats du FLN et les massacres de harkis ne sont précisés. De mon côté, je présente également les aspects positifs de la colonisation française : l’œuvre sanitaire et éducative de la France en Algérie. Il ne faut pas oublier que la population algérienne est passée de 2 à 10 millions durant la colonisation française. Il n’est donc aucunement question de « génocide » comme certaines déclarations de nos hommes politiques ont pu le laisser entendre….

Nos manuels sont très contestés et nous devons continuellement nous battre pour les défendre. Ils font actuellement la cible d’une campagne de dénigrement hallucinante de la part d’universitaires indigénistes pour qui Brazza ou De Gaulle devraient être qualifiés de “génocidaires”, ce qui en dit long sur la pression à laquelle sont soumis les éditeurs de manuels scolaires qui passent sous leurs fourches caudines…

Les Français ne veulent plus ce déracinement imposé par une certaine élite universitaire qui a en commun la détestation de notre pays. Les conséquences dramatiques d’un enseignement pauvre et idéologisé de l’Histoire, depuis plus de trente années sont catastrophiques. Il ne s’agit pas de nier les violences ou les erreurs graves, mais de les resituer dans une histoire dont nous avons toute raison d’être fiers, en espérant que nos enfants soient un peu moins ignorants, un peu moins victimes des méthodes pédagogistes imposées par les maisons d’édition dominantes et une Éducation Nationale en perdition… L’amour de la patrie passe par I’Histoire : pour marcher vers le futur, il faut commencer par enseigner les racines…

Par Dimitri Casali

 

1. En géographie, l’excellent Nouveau Manuel de géographie cycle 4 d’André Louchet : géographie physique et géographie humaine, pour tout, tout savoir sur la France et le monde.

Dimitri Casali, historien, spécialiste de l’enseignement de l’Histoire, est l’auteur des ouvrages suivants :
  • Nouveau manuel d’histoire (La Martinière, 2016),
    Désintégration française (JC Lattès, 2016),
    L’Empire colonial français (Gründ, 2015),
    Ombres et Lumières de l’Histoire de France (Flammarion, 2014),
    Manuel Lavisse-Casali Histoire de France, de la Gaule à nos jours (Armand Colin, 2013),
    L’Histoire de France interdite. Pourquoi ne sommes-nous plus fiers de notre histoire (Lattès, 2012).

 

Du roman national au récit de la France coupable, ou les aléas de la propagande.
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Auteur de l'article : PM