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La double hémiplégie des élites macronisées

L’incroyable flot de haine qui continue de se déverser sur François Xavier Bellamy, désigné comme tête de liste de la droite pour les européennes devrait rester dans les mémoires comme un des exemples les plus magnifiques de l’hémiplégie de nos élites macronisées . Une double hémiplégie même, ce qui est très rare en matière d’hémiplégie.

Hémiplégie de tous ces « Je suis Charlie » qui, il y a 4 ans, défilaient sur les plateaux de télé, la mine défaite et l’air grave pour proclamer à l’unisson dans un cri vibrant et émouvant que ce qui était en danger c’était bien la liberté d’expression, la liberté de croire et de ne pas croire, la liberté de penser. On les entend encore, comme si leurs yeux s’étaient alors enfin ouverts devant une menace qu’ils avaient ignorée et qui était devenue une réalité, une réalité faites de corps criblés de balles. Les Joffrin de tout poil, la matinale de France Inter au grand complet, les Plenel, les Marlène Schiappa de l’époque, les Griveaux d’alors étaient tous là pour convoquer Voltaire et la seule phrase qu’ils connaissent de lui : « Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer ». Et peu importe si cette phrase n’est pas de Voltaire, l’hymne à la tolérance, le chant d’amour à la pluralité des convictions était beau.
Et depuis quelques jours on retrouve les même gardiens du temple érigé pour le culte du penser-bien, les mêmes gardes chiourmes de la vérité, ceux-là même qui se sont auto-désignés pour vérifier avec une vigilance de chaque instant que personne ne s’écarte de la route que la bonne conscience universelle a tracé pour nous dans son infinie bonté.
Les revoilà donc, qui déversent à longueur d’éditos ou d’interviews leurs fatwas post-modernes contre ce candidat au motif que celui-ci a des convictions religieuses. L’Union soviétique appelait fasciste tout ce qui n’était pas communiste, l’Amicale progressiste a plus de vocabulaire et ressort la petite panoplie lexicale du bon petit soldat du progrès qui n’a pas son pareil pour utiliser des mots sans en connaitre le sens ou la portée : Traditionnaliste, Extrême-droite, obscurantiste, Intégriste, Conservateur et pour couronner le tout elle affuble son nouvel ennemi du terrible qualificatif de « fervent catholique ». Horreur absolue.

La deuxième hémiplégie réside dans l’objet même des anathèmes prononcés la main sur le cœur par les ectoplasmes uniformisés qui fourmillent dans les rédactions ou par les macronistes zélés qui se lèvent le matin avec une peur-panique de s’écarter du camp du bien. Évidemment, Schiappa et Berger sont toujours les premières à sortir le petit catéchisme de la pensée moderne et, évidemment, une partie de la droite leur emboîte le pas, animée par une autre peur panique : celle d’être vraiment de droite. Estrosi, Juppé, Lamassoure, etc. La « jeune garde » de la droite se paie ainsi un lifting idéologique sur le dos de leur famille politique ou de leurs convictions d’il y a à peine quelques années. Ceux-là finiront par nous convaincre que le progressisme est décidément une idée de vieux.
L’armée des bien-pensants reproche donc à François Xavier Bellamy le fait qu’il croit et dit que la société devrait partager l’objectif et se donner les moyens de faire baisser le nombre d’avortements en France en aidant les femmes qui veulent garder leur enfant. Quelle horreur ! Quelle indignité !
Et c’est pour cette raison que Bellamy a été qualifié de « danger pour la liberté des femmes ». Rien que ça. Et c’est là où c’est cocasse. Vous ne trouverez aucun de ces procureurs pour mettre autant d’énergie afin de lutter contre le vrai danger pour la liberté des femmes que constitue la montée de l’islamisme radical dans le monde et dans notre pays. En se créant un ennemi même imaginaire, le féminisme Schiappatique s’autorise à fermer les yeux sur les vrais problèmes. Il suffisait d’y penser. Pour Schiappa ce combat contre « l’intégrisme catholique » a aussi l’avantage qu’il ne viendra pas fragiliser sa base électorale quand, le temps venu et le Macronisme déchu elle reviendra penaude se présenter devant les suffrages des électeurs du Mans.

Voilà où nous en sommes, tout un système politique et médiatique se met en branle pendant 15 jours pour se payer un candidat parce qu’il est catholique et qu’il a étrangement des convictions personnelles de catholique.

Quel a été le plus grand président de la Ve République? Sondage après sondage les Français répondent toujours la même chose: Charles de Gaulle. Surtout ne le répétez pas, mais il parait que lui aussi était catholique et certains disent même « un fervent catholique ». Alors je ne sais pas si c’est parce qu’il avait la foi, mais en tout cas on peut convenir que celle-ci ne l’a pas empêché d’être un grand Président soucieux du bien commun. Cinquante ans après certains considèrent que le seul fait d’avoir la même foi vous disqualifie d’entrée pour prétendre à devenir un simple député européen. À ce rythme un certificat d’athéisme sera bientôt demandé pour obtenir sa carte d’électeur et un diplôme de Master II de cathophobie pour obtenir sa carte de presse.

Il y a quelques mois, Macron, devant les évêques de France, invitait les catholiques à s’engager dans la vie civique et politique. Il a simplement oublié de préciser qu’il enverrait ses sbires, balancer dans la tronche des volontaires des pelletées d’insultes et de caricatures qu’on consent à voir dans Charlie Hebdo mais moins dans la bouche de ministres, de députés ou de journalistes politiques.

Par Jean-Baptiste Doat
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Auteur de l'article : PM