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La chronique de Claude Wallaert : Questions à Jonas et Isaïe

« Engourdis le cœur de ce peuple, rends-le dur d’oreille, aveugle de ses yeux, que de ses yeux il ne voie pas, ni n’entende de ses oreilles ! Que son cœur ne comprenne pas ! Qu’il ne puisse se convertir et être guéri ! »

C’est le face à face de la vérité et du mensonge qui est ici annoncé par le prophète Isaïe : en ces derniers temps, il devient de plus en plus âpre.Témoigner de la vérité par ses paroles et plus encore par ses actes est considéré comme une provocation insupportable et soulève anathèmes et imprécations chez les hurleuses de la République. La réaction de la classe politico-médiatique aux manifestations contre la loi Taubira aura été particulièrement emblématique. On reste encore aujourd’hui stupéfait du déferlement de haine et de violence verbale et physique qu’ont déclenché ces défilés de Français de tous âges qui ne faisaient que proclamer pacifiquement leur attachement au mariage et à la parenté naturelles. Cette rage subsiste encore aujourd’hui en dépit de l’échec politique des opposants à cette loi ; c’est ainsi qu’une secrétaire d’État a parlé récemment à ce propos de « convergence idéologique » avec l’islam radical ! Le mouvement des Gilets jaunes suscite également une étrange réaction d’aveuglement et de mépris : violences policières, amalgame présidentiel avec les exactions opportunistes perpétrées par les hooligans de l’ultra-gauche ; quelques mesures marginales dont l’aspect bricolé n’échappe à personne, et un prétendu « grand débat » qui évite soigneusement les vraies questions. Le mensonge est partout, et il ronge de l’intérieur tous les édifices, comme les termites. Aucune construction humaine, aucun système n’est épargné : même la très maçonnique ONU commence à perdre de sa superbe et parle de risques de chaos ; l’Occident autrefois chrétien est miné par les fausses valeurs du libéralisme. La Chine est un colosse aux pieds d’argile menacé de vieillissement accéléré. L’Église catholique, apostolique et romaine elle-même, enfin, est secouée par une série de scandales.

Et le pauvre prophète qui doit prêcher dans ce tohu-bohu demande : « Jusqu’à quand, Seigneur ? » Réponse terrible : « … Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, sans habitants, les maisons sans personne, la terre désolée, ravagée. »

Le culte effréné du veau d’or, le mépris des plus faibles, pauvres, enfants et vieillards, le délire prométhéen du transhumanisme auraient-ils porté notre cité humaine à la masse critique d’iniquité qui a déclenché le feu sur Sodome et Gomorrhe malgré l’intercession d’Abraham ? Les fléaux du XXe siècle, guerres mondiales, dictatures sanguinaires et génocides n’ont donc pas suffi ? L’endurcissement du monde est gros des catastrophes du futur…

Rappelons-nous le Livre de Jonas : Jonas fut envoyé à Ninive, « cette ville devenue excessivement grande : on mettait trois jours pour la traverser »…« Encore quarante jours et Ninive sera détruite ! » Ninive se repentit et fit pénitence, à commencer par son roi qui donna l’exemple en s’asseyant, revêtu d’un sac, sur un tas de cendres. Au grand dam du prophète, Dieu fit grâce à la grande ville païenne. Imagine-t-on Emmanuel Macron et les princes de ce monde assis en robes de bure sur les marches de leurs palais ? Pour terminer, revenons à Isaïe, à cause de sa touche finale d’Espérance : « Et s’il y subsiste encore un dixième, à son tour il sera livré au feu comme le chêne et le térébinthe dont il ne reste que la souche. La souche est une semence sainte. »

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Auteur de l'article : Claude Wallaert