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L’insurrection vient désormais de l’Ouest

Le communisme soviétique a si bien infiltré l’université américaine que la plus inquiétante des subversions est désormais l’impitoyable gauchisme américain.

Il y a quatre ans, lorsque Donald Trump est devenu président des États-Unis, élu par une majorité d’Américains et non à la faveur d’un coup d’État, plusieurs grandes maisons de couture ont annoncé avec fracas leur refus d’habiller Melania Trump. Même sans connaître ce monde tellement à part, il semble possible d’affirmer qu’une telle décision est sans précédent. Il semble aussi que les mêmes maisons se montrent moins héroïques lorsqu’il s’agit de vendre leurs créations aux femmes et aux maîtresses de certains dirigeants qui, dans leurs pays, décapitent, pendent, torturent et mutilent quiconque leur déplaît.

Il y a peu de semaines, Donald Trump, encore président des États-Unis, s’est vu exclure de ce qu’il est convenu d’appeler « les réseaux sociaux ». Sa présence sur ces réseaux offensait l’odorat politiquement correct de quelques patrons qui, par ailleurs, sont moins regardants aux messages et activités sanguinaires d’un certain nombre de leurs abonnés.

Entre ces deux épisodes, inquiétants bien plus que lamentables, un grand nombre de politiciens et presque toute la presse à travers le monde se sont acharnés contre le président américain, le décrivant comme une espèce d’idiot monstrueux et hautement dangereux, une réincarnation d’Hitler, une menace contre le bien-être de l’humanité. Jamais on n’avait dit autant de mal d’un chef d’État dans l’exercice de ses fonctions. Nul ne donnait, certes, des exemples précis de ses méfaits ; on se contentait de haïr le personnage, et cette haine était devenue une sorte de devoir mondial. Quant à ses électeurs et sympathisants, il fallait les prendre pour des arriérés qu’il convenait de regarder avec compassion, mais aussi avec circonspection.

L’ultra-gauche au pouvoir

Le succès de cette campagne a été tellement rapide, tellement complet, qu’il est permis de se demander si la gauche américaine, désireuse de discréditer définitivement ses adversaires de droite, aurait pu faire un pari plus heureux que de miser sur Trump. François Mitterrand, au début de son premier mandat, n’a-t-il pas « poussé » Jean-Marie Le Pen dans le seul but d’entraver la droite ? Et peut-on prétendre que son plan n’a pas réussi au-delà de toute espérance ? Cependant, que la victoire de Donald Trump en 2016 ait été le résultat d’une stratégie machiavélique ou un simple hasard électoral, n’a pas beaucoup d’importance. Il a été un repoussoir et un accélérateur ; les conséquences ne se laisseront pas attendre trop longtemps.

Durant le mandat de Trump, l’ultra-gauche américaine, loin de s’affaiblir, a trouvé une nouvelle vigueur. L’enlèvement de statues, l’effacement de noms, le nettoyage de l’histoire, l’épuration des bibliothèques, la censure – tout cela a pris un effroyable essor. Ce sont, nous expliquait-on, des réactions normales à la dictature de Trump, alors que c’étaient, chaque fois, de nouvelles victoires de la terrible menace qu’est le politiquement correct. C’est, d’ailleurs, le politiquement correct et pas Biden qui a gagné l’élection de novembre ; c’est l’ultra-gauche qui est au pouvoir aux États-Unis, pas un président insignifiant.

Depuis la naissance du monde soviétique, l’Amérique s’est donné pour mission de combattre le communisme. Cela lui a coûté fort cher et n’a servi à rien. Pendant qu’elle créait des radios de propagande et finançait diverses publications, les agents d’influence communistes s’infiltraient dans son monde universitaire et faisaient des prosélytes avec une efficacité à laquelle Radio Free Europe, par exemple, ne pouvait même pas rêver. Ceux que l’Amérique combattait à l’extérieur, étaient en train de la ronger de l’intérieur. Y ont grandement contribué les exilés marxistes de L’École de Francfort, puis les tenants de la French Theory.

L’idéologie soviétique a pris le pouvoir aux USA

Installée sur les campus américains, ayant gagné une grande partie du monde intellectuel, l’ultra-gauche est devenue, avec le temps, vindicative et insurrectionnelle. Sa présence, son influence, aujourd’hui, à travers les diktats impitoyables du politiquement correct, est effrayante. Trump n’a pas eu à combattre un adversaire, mais une idéologie qui était déjà, avant lui, proche du pouvoir, ainsi que les innombrables révolutions qui s’en revendiquent. Il n’a sans doute pas compris à quel point le front est vaste et les racines du mal profondes – et l’eût-il compris, les moyens, tant politiques que personnels, de s’engager dans cette lutte lui faisaient défaut. Le renouvellement de son mandat n’aurait rien changé ; en réaction à sa supposée tyrannie, et avec le soutien du monde entier, la subversion se serait davantage étendue et durcie. Depuis plus de trois décennies, l’Amérique est en train de se vaincre elle-même. Il est rarement possible d’empêcher le suicide des hommes ; contre ceux des pays, nul ne peut rien.

Avec Biden-Harris – et, probablement, dans quatre ans, avec Harris –, la descente des États-Unis dans l’abysse révolutionnaire va s’accélérer et se radicaliser. Le mouvement qui se rend responsable de la décomposition intellectuelle, morale, politique n’agit plus en arrière-plan. Il est, enfin, au pouvoir, acclamé par les foules immenses de progressistes bien-pensants. Déjà contagieux depuis assez longtemps, il le deviendra encore plus, car il est normal de suivre l’exemple du pays qui a eu le courage et la force de sortir de la dictature pour « retrouver la démocratie » – comme l’a claironné une grande partie de la presse.

Par quels nouveaux délires se traduira – aux États-Unis et en Europe – cette prétendue renaissance ? Combien de statues tomberont dans la poussière, combien de livres et d’auteurs seront inscrits sur la liste noire, quels seront les mots qui s’ajouteront à ceux qui, déjà, ne doivent plus être prononcés ? Par ses discours présidentiels, par les premiers décrets qu’il a signés, Biden s’est empressé de montrer sa fidélité au Monde nouveau et à ses révolutions insensées. L’Union soviétique, dont nous nous méfiions autrefois, a réussi à infester l’Amérique. Aujourd’hui, l’Union soviétique n’est plus. Le foyer révolutionnaire s’est déplacé. Nous apprendrons peut-être un jour qu’il est devenu désormais prudent de nous méfier de cette Amérique qui a repris le rôle d’exportateur d’une idéologie néfaste.

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Auteur de l'article : Radu Portocala

Publication de l'article : 17 février 2021