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L’Accident Trump

Même si Donald Trump, le 25 novembre, appelait encore à inverser le résultat des élections, l’issue des élections présidentielles états-uniennes de 2020 paraît assurée : c’est Joe Biden qui les a remportées. Mais quel pays va-t-il gouverner ? Un pays nettement coupé en deux. Les villes contre les campagnes, les riches contre les pauvres, les identitaristes (blancs, noirs, ou homosexuels) contre les Américains (blancs, noirs, ou homosexuels), les éveillés, comme ils se nomment, contre les déplorables, comme ils les désignent. Joe Biden, qui promet « une année de lumière et d’unité », n’apportera ni lumière ni unité au pays : il continuera de creuser cette division, favorisant un camp au détriment de l’autre, jusqu’à ce que les États-Unis ressemblent, volens nolens, aux rêves délirants des Démocrates les plus à gauche.

Trump a eu le principal mérite de dénoncer cette révolution de termites tenaces qui ont grignoté en permanence tout l’édifice de la nation américaine, mœurs et lois, économie et justice, favorisant sans cesse le changement, quel qu’en soit le prix (une misère noire et sans cesse s’aggravant, une censure de plus en plus éhontée, etc.), avec une mauvaise foi consciente, soutenue par tout l’appareil médiatique qui, d’une élection à l’autre va jusqu’à renier tout ce qu’il avait proclamé : examiner en 2020 le complotisme des Démocrates de 2016, contestant l’élection par tous les moyens et inventant, littéralement, un complot russe, est un exercice délicieux et surprenant. Trump n’a été qu’un incroyable accident dans cette marche progressiste.

Trump a donc dénoncé ce langage de douceur qui vire toujours à l’hystérie, à la violence et à la haine au nom du progrès et de l’amour. Il l’a dénoncé avec brutalité, sans manière : à quoi servaient les manières puisque ce sont en les respectant que les Républicains ont constamment renié leurs principes et abandonné le terrain ? Il a ainsi manqué de manières sur le front extérieur, dénonçant les accords qui, selon lui, frustraient le peuple de la part de richesse à laquelle le rêve américain l’invitait.

Biden va refermer cette parenthèse, le monde – autrement dit le petit groupe des démocraties occidentales qui croient être le monde – va reprendre son cours : les États-Unis se jetteront dans des guerres sanglantes qui déséquilibreront encore plus les zones où l’Union européenne est incapable d’exister, les principes du politiquement correct achèveront d’affaiblir l’Occident qu’on sommera d’accepter l’Islam, et les États-Unis triompheront, über alles in der Welt, c’est-à-dire que le chaos sera général.

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Auteur de l'article : Philippe Mesnard

Publication de l'article : 28 novembre 2020