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L’ORDRE RÈGNE

Le 26 janvier, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé déclarait que « aujourd’hui, il n’y a aucune indication à acheter des masques pour la population française ». Elle venait de lancer la grande compétition des mensonges, approximations, contre-vérités, bobards, demi-vérités, énonciations floues et autres déclarations gouvernementales.

Pendant ce temps, l’ordre règne à Toulouse, où le procureur de la République a placé en garde à vue une jeune femme qui avait osé afficher une banderole portant les mots « Macronavirus, à quand la fin ? ». Les policiers sont allés la chercher et se déplacent dans Toulouse pour intimer l’ordre de retirer les fâcheuses banderoles. En revanche, ils ne se déplacent pas en cas d’agression : « un automobiliste a foncé délibérément sur plusieurs voitures avant de s’en prendre à une jeune femme en brisant sa vitre à coups de poing. Quand les riverains et victimes ont composé le 17, ils se sont vus invités à prendre des photos et porter plainte en ligne, épidémie de Covid-19 oblige… » (francetvinfo.fr/occitanie).

Depuis plus de trois mois, le gouvernement ment avec aplomb sur à peu près tous les sujets, nombre de morts, commandes de masques, disponibilité des tests, fabrication de respirateurs, précautions à prendre… Véran ne déclarait-il pas le 9 mars : « Mais en réalité, vous savez ce qui fait que la grippe s’arrête au printemps ? Ce n’est pas la chaleur. Au printemps qu’est-ce qui se passe ? On ouvre les fenêtres, on ouvre les portes, on n’est plus confiné dans des lieux, on va dehors. Et donc, c’est le confinement qui provoque la circulation du virus. » Aidés par un ahurissant Conseil scientifique, Macron, Philippe et Véran naviguent à vue, en ayant refusé de considérer ce qui se faisait ailleurs, ou en n’en retenant que le pire, comme l’application StopCovid, qui ne servira au final qu’à repérer les réticents.

Pendant ce temps, l’ordre règne à Saint-Pair-sur-Mer, où de courageux pandores ont verbalisés trois malheureux qui trompaient l’ennui en édifiant un château de sable, activité éminemment virusogène. « La plage avait été interdite au public le jour même et les trois personnes, habitant à quelques pas, n’avaient vraisemblablement pas eu vent de cette interdiction. “Nous avions l’habitude de venir sur cette plage pour courir ou nous aérer, et d’être verbalisés nous a stupéfaits”, confient-ils. Alors qu’ils étaient à l’œuvre depuis environ 20 minutes, ils ont été stoppés dans leurs travaux par le retentissement d’une sirène de la police nationale. […] Ils ont écopé, à eux trois, d’une amende de 405 euros. » (lamanchelibre.fr).

Évidemment, le gouvernement explique que ce sont les autres qui mentent, ceux qui lui rappellent, avec énervement, avec angoisse, avec colère, leurs propos décousus et leurs affirmations contradictoires. Mais sous Macron, la vérité n’existe que dans la dénonciation, celles des Français fliquant leurs voisins qui se promènent “trop”, celle du gouvernement dénonçant les mauvais Français qui osent ne pas le croire, en excipant d’une absurde “vérité officielle vérifiée” bénéficiant de son site de propagande, https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/desinfox, listant avec avidité les bons articles des bons médias.

Pendant ce temps, l’ordre règne à Domfront-en-Poiraie. « Le dimanche de Pâques, un couple de septuagénaires de Domfront entreprend de s’accorder une petite marche. Une patrouille de gendarmerie passant dans les parages s’arrête et contrôle le couple. Au niveau des attestations de déplacement dérogatoire, tout est en règle. Cependant, il est établi que le couple s’est arrêté et qu’il discutait avec une troisième personne en train de faire du sport dans son jardin. Les gendarmes sanctionnent d’une amende de 135 €, car le fait de rester statique pendant sa pause, sans raison valable, est verbalisable. » (actu.fr)

Les policiers verbalisent à tour de bras les Français qui se promènent au milieu de nulle part ou veulent aller voir leurs parents mourants, pendant que des milliers de prisonniers ont été relâchés. Quant aux fameux masques qui ne servaient à rien, ils sont désormais obligatoires et nous pourrons, ordre oblige, recevoir de sévères amendes si nous n’en portons pas. La fraternité s’épanouit, l’égalité est palpable et la liberté, chargée de tant d’entraves, n’a jamais été si évidente. C’est Sibeth qui le dit. L’ordre républicain règne.

 

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Auteur de l'article : Philippe Mesnard

Publication de l'article : 6 mai 2020