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La République et la Culture avec un grand C

La République et la Culture avec un grand C - Politique Magazine

Le « Colonel » de Gaulle s’essaya à la « Littérature », tout d’abord en tenant la plume du Maréchal Pétain. Par la suite, il entreprit ses « Mémoires » en s’identifiant à Chateaubriand. Par la suite, le « Général Président » nomma dans son « Gouvernement » un « Ministre de la Culture » : André Malraux. Ce fut un bon choix tant par l’érudition du personnage que par ses visions prophétiques. Les successeurs à ce poste se révélèrent des animateurs culturels, encore fallait-il qu’ils soient cultivés.

Son successeur, Georges Pompidou était, aux dires de Léopold Sédar Senghor, « avant tout un homme de culture, et c’est parce qu’il était un grand homme de culture qu’il a été un grand homme d’État ». Brillant élève de l’École Normale supérieure, auteur d’une Anthologie poétique à recommander à toutes les générations et amateur d’« art » pictural moderne, notre président trop tôt disparu n’a pas démérité dans ce domaine.

Valéry Giscard d’Estaing eut le mérite de revendiquer le titre de fidèle lecteur de Guy de Maupassant. Toutefois sa production littéraire contribua plutôt à la collection Arlequin. Il en est d’une autre race avec François Mitterrand. Esthète, collectionneur, amateur de Chardonne, écrivain lui-même (L’Abeille et l’Architecte et La Paille et le Grain), c’était un homme de « culture ». Pour des raisons démagogiques, il céda la responsabilité de ce grand domaine à un animateur de « Rue », plus porté sur le « Tag » et la festivité populaire, que sur l’éducation et le rayonnement culturel de notre Nation.

Jacques Chirac, contrairement à la rumeur, était un fin connaisseur de la littérature et de l’art d’Extrême-Orient. Cet engouement lui a malheureusement fait oublier la nature de notre patrimoine, jusqu’à déclarer que notre pays était d’une filiation « musulmane » autant que « chrétienne ». Passons sur celui qui a feint de ne pas savoir lire La Princesse de Clèves et sur son successeur porté sur la fréquentation du show-bizz, et amateur d’actrice qu’il séduisait en scooter avec des petits pains au chocolat.

Notre « président » actuel a, lui, toutefois un programme ; il déclare que : « la Culture sera son premier chantier. »

Il est prêt à renforcer un accès à l’éducation artistique pour 100 % des enfants avec un Pass jeune de 500 euros pour l’accès à la culture et à l’ouverture des bibliothèques jusqu’à 20 heures, tous les jours et le « week-end ». De surcroît, il veut instaurer les disciplines de la danse, de la musique, de l’art en général, dans le cadre scolaire. Il souligne toutefois que le ministère de la Culture ne sera pas prescripteur de leurs choix. Il ajoute que le mécénat doit apporter un réel dynamisme mais il ne faut pas qu’il se substitue aux engagements de l’État et des collectivités territoriales.

Des décisions louables, mais qui font une large part à l’autorité de l’État et à son dirigisme en ce qui concerne les choix culturels. Ce programme a un relent de pensée totalitaire, qui ne laisse aux familles et enfants que l’accès à une culture sur commande.

On est loin de la mansuétude de Louis XIV envers le Tartuffe de Molière et de l’impertinence de Lully.

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Auteur de l'article : Bruno Stéphane-Chambon

Chroniqueur théâtre

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