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Superbe biographie royale comme seul sait en écrire Jean des Cars. C’est sa spécialité mais quel art dans la présentation et le portrait !

Cette fois-ci, c’est Elizabeth II qu’il met en scène : il l’intitule en sous-titre La Reine, et on comprend que telle est la vraie titulature sans autre spécification de cette grande dame, âgée de 92 ans, qui a tenu si impeccablement son rang pendant déjà plus de soixante-six ans de règne.

Quelle haute figure ! Les Britanniques, tous les sujets du Royaume-Uni et, au-delà, tous les 53 États, et leurs millions de citoyens, du Commonwealth peuvent en être fiers. Et les Anglais le sont singulièrement et avec quelle raison ! Ils ont une reine, eux, et quelle reine ! Elle ne fait qu’un avec son royaume, ses royaumes, ses États dont elle reste la souveraine ; elle en est l’histoire, elle en symbolise la vie, elle en représente encore aujourd’hui l’avenir.

Elle s’est préparée à son rôle, toute jeune fille, avec son admirable père, le roi patriote George V ; elle a vécu avec son futur peuple la Seconde Guerre mondiale dont elle a tout connu ; elle a aidé ses Premiers Ministres à redresser l’Angleterre, après guerre et à la maintenir jusqu’aujourd’hui ; elle a commencé avec Winston Churchill qui savait que c’était sa reine. Et ça compte ! De servir une reine.

Tous ont rendu témoignage de la qualité, de la probité, de l’exactitude de leur souveraine. Même un Blair, même une Thatcher.

Ce n’est pas faute d’avoir subi des épreuves. Jean des Cars les traite, chapitre après chapitre. Si elle a connu la joie d’épouser l’homme de sa vie dans la personne du duc d’Edimbourg, sa propre famille, à tous les niveaux, lui causera bien des soucis par ce qu’on appellerait aujourd’hui des comportements inappropriés. Quelques-uns graves, très graves et qui auraient pu emporter la couronne. Elle a toujours su faire face avec la plus grande dignité. Ce fut sa force. Parfois avec un peu d’excès qui faillit la séparer de son peuple comme au moment de la mort de la princesse Diana.

Mais, en retour, que de gloire autour des rites immémoriaux, renouvelés cependant et souvent grâce à elle, de cette monarchie qui a su affronter les siècles et maintenant la modernité sans rien renoncer de ce qu’elle est, de ce qu’elle se doit à elle-même comme au Royaume-Uni. Les fêtes ont jalonné cette vie ; elle en est la reine, calme, toujours maîtresse d’elle-même, pleine de gentillesse et d’humour. Les Français pour elle sous la présidence de Coty par millions se sont faits royalistes : sur les berges de la Seine, dans le vieux Paris qu’on croit révolutionnaire, ils ne cessaient de crier : vive la Reine ! Et la Reine, c’était la reine d’Angleterre !

Quant aux Anglais, quand ils la célèbrent, comme par exemple dernièrement pour ses quatre-vingt-dix ans, ils ne savent quoi inventer pour lui offrir le plus beau des triomphes qui, en exaltant leur souveraine, exalte l’Angleterre éternelle : England for ever. Même 007, alias Daniel Craig, y met du sien et la reine évidemment se prête au jeu pour la plus grande joie de son peuple. Oui, même si ce peuple est plein de turpitudes, singulièrement morales, – on ne le sait que trop, mais les Français n’ont rien à dire –, il n’empêche qu’il y a chez lui une force qui tient envers et contre tout : elle est royale, elle est spirituelle. La première à y croire et à croire, c’est la reine, principe d’unité et de durée.

Malgré toutes les difficultés de la famille royale, la succession est assurée. Le prince Charles, prince de Galles, est là qui tient avec exactitude sa place, et le duc et la duchesse de Cambridge assument parfaitement la dignité de leur fonction en assurant la plus jolie des descendances. Alors, même si… Le livre est magnifiquement mis en page et illustré. C’est un beau cadeau à offrir.

Elizabeth II, la Reine, Jean des Cars, Editions Perrin, 518 p., 25 €
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Auteur de l'article : Hilaire de Crémiers

Directeur de la publication de Politique magazine et de la Nouvelle revue universelle