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Où sont les Zoizeaux ?

D’Henry Le Bal. Mise en scène d’Alan Sorano.

Le jardin d’Eden est un paradis perdu. Le grand jardin public est situé au milieu de la Ville. Les arbres y sont nombreux et les statues installées le long des allées et bosquets ont perdu les inscriptions des socles qui permettaient de les identifier. Une fois ce décor planté reste une inconnue : les oiseaux ne chantent plus !

Entre Montfleuri, le Directeur du jardin et Mademoiselle de Merod, la nouvelle administratrice générale, archétype de la femme d’affaires branchée, le dialogue s’instaure pour recréer un univers musical dans lequel les chants d’oiseaux renaîtront. Pour ce faire, on placera une machine sonore. On embauche un artisan capable de la faire fonctionner et un spécialiste des chants disparus de volatiles. Dans une atmosphère onirique et burlesque, les acteurs évoluent ainsi que dans une bande dessinée. On y retrouve Henry Le Bal dans le rôle lunaire d’un marchand ambulant de masques et bergamasques cherchant des clients invisibles et lui-même deus ex machina de cette fable ; un monsieur Loyal dynamique en la personne de Montfleuri, interprété par Alan Sorano dont il porte le nom avec panache ; Clémentine Stepanoff qui se révèle tour à tour femme d’affaire cynique et aguicheuse ; et Stéphane di Napoli qui nous régale dans ses imitations de cris d’oiseaux. Mais la palme revient à Michel Boëdec : il exécute avec brio un rôle muet qu’il rend expressif dans la caricature avec un sens aigu du comique. Organiste émérite, titulaire de l’église Saint-Pierre de Montmartre, après l’avoir été à Notre-Dame de Clignancourt et à Rennes, il s’empare sur scène de la machine. Henry Le Bal, dramaturge prolifique au ton inimitable, transforme cette facétie en conte philosophique et mystique. Ses études de théologie ne sont pas étrangères aux thèmes bibliques qui, en filigrane, peuplent son œuvre théâtrale. Certes la pièce s’inspire du théâtre de l’absurde, parfois de Beckett, souvent hermétique toujours symbolique. Le Bal, c’est Ionesco qui va à la messe.

La pièce se joue dans un théâtre des plus petits de Paris, au charme indéfinissable et patiné par les siècles. Il est situé sur la grande Nef de l’Ile Saint Louis.

 

Le théâtre de l’Île Saint-Louis-Paul Rey 39, Quai d’Anjou Paris 4e

Téléphone: 01 46 33 48 65 – contact@theatre-ilesaintlouis.com

15 € – Étudiants de moins de 25 ans, avec une carte : 10 €

Octobre, novembre et décembre: horaires aménagés pour raison sanitaire : tous les samedis à 15 h 30 et les dimanches à 17 h 30.

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Auteur de l'article : Bruno Stéphane-Chambon

Chroniqueur théâtre
Publication de l'article : 30 novembre 2020