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Formidable leçon politique !

Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde. Tel est le titre du dernier essai de Philippe de Villiers. L’auteur, sur un rythme enlevé de galop de charge, dans la haute tradition des meilleurs pamphlets politiques, disperse à grands coups de sabre tous les bataillons des raisons et des raisonnements alignés en rangs serrés au cours de ces deux années passées et plus particulièrement au cours de ces trois derniers mois ; c’est qu’ils avaient été disposés sur le champ de bataille politique pour impressionner les Français et les persuader de renoncer à eux-mêmes et de tout accepter des normes d’un prétendu Nouveau Monde qui devait s’imposer naturellement pour les diriger. Plus rien après ne sera comme avant, répétait-on. On connaît la chanson. Moyennant quoi, il n’y a plus de France, plus de nation française, plus d’histoire à respecter et à enseigner, plus de frontières, plus d’État, plus de souveraineté, plus de fonctions proprement régaliennes, plus de politique nationale, ni intérieure, ni extérieure, plus d’économie selon les critères anciens du développement de l’ordre social et de la prospérité française, plus de préservation du territoire et du patrimoine culturel, plus de tissu industriel français, plus d’agriculture conforme aux intérêts et aux traditions du pays ; mais à la place le tout marché, la loi des coûts comparatifs, la construction toujours inachevée d’une Europe sans cesse élargie et sans cesse renforcée, ce qui est évidemment contradictoire, où tout est prétexte à fédéraliser, à jacobiniser, en normant les réalités françaises sur les impératifs de Bruxelles. Avec de vastes développements et de grandes considérations mondialistes et migratoires où il n’y a plus de peuples, plus de chez soi, plus de mœurs ni de langue ni de civilisation, mais d’interminables champs indifférenciés d’individus consommateurs, où ne restent plus que les statistiques économiques et les politiques mondiales des flux et des commerces libérés ; à quoi s’ajoute l’écologie mondialisée !

Et patatras ! La Covid passe et c’est tout le contraire qui s’impose. La crise sanitaire aura servi à montrer au premier chef l’utilité des frontières, de la souveraineté, du local, de la famille : le carré magique de nos protections, martèle Villiers. La France se retrouva sans masques, sans tests, sans appareils, dépourvue de tout ; le pouvoir, qui n’aura tenu compte d’aucun avertissement, même militaire, fut contraint de mentir pour tenter de faire face à ce qu’il n’avait pas prévu, en se couvrant des avis de comités d’experts qui étaient chargés de fixer les normes, au risque de contradictions et de conflits d’intérêt.

Villiers, chapitre après chapitre, n’épargne personne, jetant son ironique sourire sur ces tas d’inepties qui ont été déversées du matin au soir sur les Français confinés qui ne pouvaient sortir sans autorisation tamponnée et signée comme aux pires jours de l’occupation étrangère.

Le plus amusant est sans doute que Villiers connaît personnellement Macron. Ils ont longuement et amicalement parlé ensemble au Puy du Fou. Il avait prévenu celui qui brûlait alors d’être chef de l’État, de toutes les conséquences mortelles des faux principes politiques qui servaient de règles pour un prétendu Nouveau Monde. Macron qui, semble-t-il, aime bien Villiers, aura été averti, dûment et gentiment. Macron a voulu sauver personnellement le Puy du Fou du désastre auquel il était voué. Villiers lui en sait gré. Est-il capable de comprendre qu’il faut maintenant sauver la France ? Question de vie ou de mort !

Les Gaulois réfractaires demandent des comptes au Nouveau Monde, Philippe de Villiers, Fayard, 155 p. 15 €.
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Auteur de l'article : Hilaire de Crémiers

Directeur de la publication de Politique magazine et de la Nouvelle revue universelle