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Éloge du rebondissement en noir

Plus le lecteur de romans noirs, de thrillers et de littératures de genre vieillit, plus il devient difficile de le surprendre, de lui donner le sentiment de refermer les pages d’un roman qu’il n’a jamais lu. Mais surprendre ne suffit pas. Il faut aussi convaincre par l’histoire ou l’originalité de son traitement, le rythme, le style, la profondeur des personnages etc. Dans le roman noir ou le thriller contemporains s’ajoute une donnée qui distingue le premier de son lointain ancêtre, époque Lauren Bacall : le ou les rebondissements, essentiels en un temps d’accélération et d’habitude prise par l’amateur de littératures de genre de se tourner aussi vers films et séries pour contenter son appétit. C’est un fait : l’aspect vitesse influe maintenant sur les pages qui nous parviennent. Tout cela se retrouve dans Le vrai Michael Swann, second roman traduit en français de l’américain vivant en Pennsylvanie – ce n’est pas un détail au regard de l’histoire contée – Bryan Reardon. C’est même l’archétype du roman noir à rebondissements, un roman qui distribue des claques en ce domaine, d’où la nécessité de ne pas s’amuser à feuilleter les pages par avance… L’action se passe dans l’Amérique contemporaine, une ambiance tranquille. Julia et Michael sont heureux avec leurs deux garçons quand, un soir, Michael doit patienter à New York Penn Station. Une bombe explose. Qui es-tu Michael Swann ? Qui est le vrai Michael Swann ? Ces questions, il n’y a pas que Julia qui va se les poser. Glaçant, haletant.

Par Mathieu Baumier

Bryan Reardon, Le vrai Michael Swann, Gallimard, série noire, 2019, 424 p., 23 €

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Auteur de l'article : PM