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Manifeste pour la théorie de l’espèce

Voici que cette semaine, surgit la théorie « spéciste » (ou théorie de l’espèce), selon laquelle on ne pourra plus désormais considérer que les animaux sont inférieurs à l’Homme. Et en vertu de quoi les Droits de l’Animal seront aussi importants que les Droits de l’Homme. Cette théorie, en gestation depuis de nombreuses années, est maintenant au programme des prochaines réformes de nos sociétés et nous nous en réjouissons.

Il est vrai qu’il s’agit là, tout comme le fut la loi Taubira pour le « genre » de l’être humain, d’une avancée considérable pour notre société.

Il est urgent en effet de déconstruire les stéréotypes génétiques afin de substituer à des catégories comme le règne ou les différences anatomiques, qui renvoient à la biologie, le concept d’espèce qui lui, au contraire, montre que les différences entre les hommes et les animaux ne sont pas fondées sur la Nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites.
C’est ainsi qu’il faut enseigner aux enfants, dès leur plus jeune âge, que la station debout n’est pas une caractéristique biologiquement humaine, mais une construction sociale imposée par la bourgeoisie et l’église obscurantiste. Et que la démarche naturelle de l’homme est à quatre pattes, démarche qu’il acquiert naturellement dès son plus jeune âge, et qu’il devra garder toute sa vie, le reste n’étant que construction sociale. Cette démarche progressiste s’inscrit dans la ligne du grand penseur soviétique Lyssenko (1878-1976)* dont les travaux pionniers firent comprendre à l’humanité obscurcie par des siècles d’esclavage, de cléricalisme et d’obscurantisme que la différence biologique entre les espèces végétales n’était que construction mentale et que, grâce à l’apport du marxisme-léninisme, il serait désormais possible de transformer un potiron en baobab. Cette grande avancée de l’agronomie sera maintenant transposée à la zoologie grâce à la pensée éminente de nos ministres. Position déjà démontrée brillamment par Jean Jacques Rousseau en son temps et dont Voltaire le félicita : « Il prend envie de marcher à quatre pattes à lire votre ouvrage « .

Certes , cette révolution des mentalités n’ira pas sans de grandes résistances . Et en premier lieu celle de l’Église obscurantiste et rétrograde. il faudra bien s’attendre, chers camarades, à une farouche lutte d’arrière-garde. Mais gardons à l’esprit la contradiction interne que l’Église entretient dans sa bêtise intrinsèque (devrais-je dire sa « hommise »?). En effet, si vous lisez le Livre de la Genèse, vous y trouverez le paragraphe suivant : « Emplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la Terre« . (Gn, 1-28). Alors que si vous lisez l’Ordinaire (vraiment très ordinaire !) de la messe, la première phrase inscrite est « asperges me domine » (avec une faute de grammaire en plus !). Si vraiment l’asperge domine l’homme, et si ces demeurés de Chrétiens le proclament, comment les animaux ne le pourraient-ils pas ?

En avant chers camarades pour la promotion et l’adoption du manifeste de l’espèce !

Signé, Nous, les citoyens du monde, théoriciens du genre et de l’espèce, et Jacques Paganel,

* La société soviétique était d’ailleurs une véritable pépinière de savants : « Comment peut-on parler de science sans citer une seule fois le nom du plus grand savant de notre temps, du premier savant d’un type nouveau, le nom du grand Staline ? » Victor Joannès, PCF, 1948.

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Auteur de l'article : Jacques Paganel

Publication de l'article : 18 avril 2016