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Jeu de rangement

Ami lecteur, je vous propose un jeu qui consiste à ranger des éléments disparates dans les cases qui leur conviennent. Voici les cases : cinq substantifs avec leurs définitions tirées du Robert ou du Littré.

Paltoquet : individu grossier, rustre ; homme insignifiant et prétentieux ou insolent.

Philistin : personne de goût vulgaire, fermée aux arts et aux lettres.

Barbare : individu peu ou pas civilisé ; qualificatifs associés : arriéré, primitif, sauvage, cruel, dur, farouche, féroce, impitoyable, inhumain, vandale.

Imposteur : personne qui abuse de la confiance, de la crédulité d’autrui par des discours mensongers, des promesses fallacieuses, dans le dessein d’en tirer profit.

Traître : qui livre, vend ses amis, qui se dérobe à son devoir, à la foi jurée, capable de nuire de manière hypocrite ou par lâcheté.

J’aime bien ces termes patinés par un long usage, déjà anciens au XIXe siècle, que l’on trouve sous la plume de gens aussi estimables que Théophile Gautier, Balzac, Flaubert, Baudelaire, pour ne citer que ceux-là. Leur ancienneté ne les a pas privés de leur pertinence pour notre charmante époque.

Dans ces cases, je vous propose donc de ranger les personnes ou les groupes de personnes décrites ci-après ; certains conviendront à plusieurs cases, ce qui n’améliorera pas leur cas. Voici :

  • des individus qui profanent les églises, couvrent les murs de graffitis, agressent les passants, klaxonnent à tour de bras, et qui par d’autres incivilités du même genre polluent l’espace public ;
  • des groupes d’individus violents qui imposent une domination mafieuse sur des territoires importants, terrorisent la population et se livrent à de fructueux trafics illicites, de drogue notamment ;
  • des individus dont le noble métier consiste normalement à donner à leurs lecteurs ou spectateurs une information honnête, mais acceptent en réalité de servir les intérêts de ceux qui les subventionnent, et de surcroît font souvent preuve d’une inculture crasse ;
  • des hommes et des femmes dont l’activité consiste à flatter les instincts les plus bas du public en produisant des spectacles vulgaires non sans barboter dans le politiquement correct le plus marécageux ;
  • des hommes de médias qui utilisent en meute les réseaux sociaux pour harceler, injurier et diffamer des personnalités respectables qu’ils ont décidé de salir ;
  • une femme secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes qui, disposant d’environ trois cents mots de vocabulaire, avec un style tenant de la harengère et de la tricoteuse, jette l’anathème sur les uns et couvre l’infamie des autres d’un silence complaisant ;
  • le responsable de la nomination de la susdite ;
  • un président du Comité consultatif national d’éthique chargé de donner des avis sur de graves questions de société et qui avoue publiquement ne pas savoir ce qu’est l’éthique ;
  • un ministre de l’Intérieur qui, dans l’exercice de ses fonctions, ment tranquillement devant les parlementaires et les médias ;
  • des juges rongés par une idéologie délétère qui abdiquent leur indépendance pour réprimer la contestation du régime plutôt que de rendre la justice ;
  • un chef d’État qui, ayant déjà un passé de bradeur du patrimoine national, se pose en donneur de leçons à la terre entière, n’est pas capable de faire régner l’ordre et la sécurité dans son pays, et ne rêve que de sacrifier celui-ci à ses ambitions supra-nationales.

Ami lecteur, ce n’est qu’un jeu ! Mais le jeu n’est-il pas parfois porteur de vérité ?

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Auteur de l'article : Claude Wallaert