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14-18: sans la marine, jamais la France n’aurait gagné la guerre

sans la marine, jamais la France n’aurait gagné la guerre - Politique Magazine

La guerre de 14-18 évoque surtout ces grandes batailles terrestres – la Marne, le Chemin des Dames, Verdun…– où s’affrontèrent et trop souvent disparurent des centaines de milliers d’hommes. Rien de comparable pour les marins français : aucun nom de bataille navale prestigieuse ne vient frapper l’imagination. Au point que le public ignore généralement le rôle ingrat, mais décisif, de la marine nationale dans le conflit. François Schwerer en apporte pourtant la preuve : sans sa marine, jamais la France n’aurait pu gagner la guerre.

Depuis 2014, par toute une série de conférences et d’articles (notamment dans la Nouvelle Revue universelle), François Schwerer a peu à peu construit un monument pour réveiller la mémoire enfouie de cette geste discrète mais dont l’efficacité lui a assuré ce rôle essentiel. C’est le résultat de son travail qu’il a synthétisé dans un ouvrage sobrement intitulé La Marine française pendant la guerre de 14-18. Avec cependant un sous-titre qui dévoile l’état d’esprit des héros de cette épopée silencieuse : Quand on n’a fait que son devoir. L’auteur de cette formule, l’amiral Schwerer, est l’un des personnages-clés de l’aventure. Son arrière-petit fils, François Schwerer, bénéficie de tout ce que lui a légué la mémoire familiale, à commencer par des archives largement inédites.

Son premier soin est de montrer qu’en 1914, quand la guerre éclata, la Marine n’était absolument pas prête. Il n’a, hélas, aucun mal à en désigner les coupables : des politiciens dont l’esprit partisan passait avant le souci de la défense nationale. Lorsque la guerre éclata, la Marine s’organisa dans la perspective d’un combat naval décisif. Un accord avec la marine britannique décida d’un partage des mers : à la Royal Navy la responsabilité sur l’océan Atlantique et la Manche, à la Marine nationale la Méditerranée. Accord qui subit un premier accroc qui conduisit au désastre des Dardanelles en 1915. À partir de là, la Marine française ne cessa d’improviser son action en fonction des besoins du pays en guerre. C’est au cours des interminables années 1916, 1917 et 1918 qu’elle est parvenue à se tailler un rôle – elle s’y est révélée irremplaçable –, dans la protection des convois, en Méditerranée comme sur l’océan. Sa participation à la guerre sous-marine a été particulièrement spectaculaire – et significative de ce qu’a été l’ensemble de son action pendant les quatre ans de guerre : rien ne s’est passé comme il était prévu. La guerre sous-marine, notamment, était totalement inattendue. Il a donc fallu perpétuellement improviser, inventer, imaginer de nouvelles formes d’action. À cet incroyable ensemble d’initiatives et de sacrifices, le plus souvent anonymes et ignorés, la France a dû la sécurité de ses approvisionnements et de ses transports en Méditerranée comme vers l’Afrique et l’Amérique. À cette action ingrate mais aussi efficace qu’héroïque, François Schwerer a consacré ce livre de bout en bout passionnant. Politique magazine le recommande chaleureusement comme un ouvrage de référence.

La marine française pendant la guerre de 14-18. Quand on n’a fait que son devoir,
François Schwerer, Temporis éditions, 2017, 333 p, 21,50 €.

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Auteur de l'article : Christian Tarente

Journaliste

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