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« La mosquée de Saint-Germain-en-Laye, un projet illisible et nocif »

Trois questions à Luc Le Garsmeur, candidat sur la liste d’union des droites “Audace pour Saint-Germain” dirigée par Christophe Bentz.

À Saint-Germain-en-Laye (78), les 45 colistiers de la liste « Audace pour Saint-Germain » sont membres du Parti chrétien-démocrate (PCD), du Rassemblement national (RN), du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), divers droite (DvD) ou sans étiquette. La liste a aussi le soutien de la Droite populaire (DP) et du Rassemblement pour la France (RPF). La construction de la mosquée est-elle le seul sujet qui vous unisse ?

La liste « Audace pour Saint-Germain » est la liste d’union des droites qui s’oppose à toutes les dérives. La municipalité sortante, soutenue de façon très incohérente à la fois par Les Républicains et La République en Marche, a une position très ambigüe sur le sujet de la mosquée. « Audace pour Saint-Germain » lutte contre le macronisme municipal et protège notre bien-vivre en rejetant toute nouvelle construction d’immeuble collectif et le transfert du Plan local d’urbanisme (PLU) à la communauté d’agglomération. Elle prône la tolérance zéro à l’égard d’une violence qui a causé l’an dernier un duel au sabre entre jeunes gens (dont l’un, en urgence vitale, a été évacué par hélicoptère), diverses rixes, le jet d’un cocktail Molotov sur un bâtiment public, etc. « Audace pour Saint-Germain » alerte aussi sur le plan de circulation – qui n’a pas été révisé depuis 15 ans –, le racket lié au stationnement et la hausse des impôts locaux. Elle propose diverses mesures familiales (création de places en crèche) et culturelles. Quant au projet de mosquée au 90, rue Saint-Léger, il est illisible et nocif. Il doit effectivement être abandonné !

Comment la construction de cette mosquée s’est-elle décidée ?

Un premier projet de mosquée avait été formé en 2010-2011, celui d’une construction reléguée sous un viaduc. Le bail emphytéotique était à prix d’ami. Une voisine s’est démenée, des riverains ont réagi et le projet a été enterré.

En 2013, une association ad hoc, « Mosaïque », a fait l’acquisition d’un pavillon au 90, rue Saint-Léger. Une modification du Plan local d’urbanisme (PLU) votée par le Conseil municipal en 2015 a permis le dépôt du permis de construire une mosquée comptant cinq places de stationnement semi-enterrées, un étage pour la prière des hommes et un étage pour la prière des femmes. Le maire a accordé ce permis en 2016 et rejeté le recours de l’association constituée par les voisins. Le tribunal administratif de Versailles a à son tour rejeté leur recours. Nous attendons la décision de la Cour administrative d’appel. Au 90, rue Saint-Léger, les travaux ont été interrompus sans explication fin novembre. C’est encore un terrain vague.

Le projet est celui d’une mosquée de 171 places à bâtir en zone pavillonnaire et à flanc de coteau. Il n’y a pas de réel parking et la rue est à sens unique. On imagine les nuisances sonores et les embouteillages, en particulier le vendredi. L’association dit attendre la venue de musulmans résidant dans sept communes voisines ! Les Saint-Germanois ignorent encore tout de l’imam, du nom réel de la mosquée, de son financement, de la raison (électorale ? budgétaire ?) de l’interruption des travaux. J’ajoute que cette minuscule parcelle est en dénivelé (12 mètres !) et contient un espace boisé classé (EBC). Ce projet n’est pas sérieux et nous nous attendons à la présentation d’un second projet après les municipales de mars 2020.

Les autres partis sont-ils ouvertement favorables à son ouverture ?

C’est l’ancien maire, Emmanuel Lamy, mort dans l’exercice de ses fonctions, qui avait signé le permis de construire. Le maire actuel, Arnaud Péricard, y était d’abord opposé, n’estimant qu’à quelques centaines le nombre de musulmans saint-germanois ! Ils sont aujourd’hui plus nombreux. Il y a un silence général sur ce projet, la presse municipale ou locale elle-même n’en parle pas. Nous sommes la seule liste à avoir une position claire sur le sujet. Il y a quelques années, la gauche s’était signalée en proposant le partage des églises de Saint-Germain-en-Laye entre catholiques et musulmans !

À Bourtzwiller, le 19 février, le président Macron a évoqué les « associations qui prôn[ent] de sortir de la République » et dénoncé « le séparatisme islamique ». Les communes ont-elles besoin de l’État pour se défendre de l’islamisme ?

Les communes ont surtout besoin de leurs habitants, et d’élus courageux. On sait depuis longtemps que plus il y a d’islam, plus il y a d’islamisme. En dépit de la fable de « l’auto-radicalisation sur internet », l’islamisme a toujours besoin de pépinières : mosquées, prisons, clubs de sport, etc. Avec Emmanuel Macron, on change de logique : plus il y a d’islamisme, plus il y a d’islam. Quand une mosquée ouvre dans votre rue, c’est une mince consolation de savoir que l’imam détient la citoyenneté française, qu’il a été diplômé en laïcité par la Catho de Paris, ou qu’il est dûment enregistré par le ministère de l’Intérieur ! Comme Napoléon a organisé le judaïsme, la Ve République organise l’islam : elle a créé la fonction d’« aumônier » islamique de prison et des « provinces ecclésiastiques » islamiques : les conseils régionaux du culte musulman (CRCM). La préfecture de Vaucluse a même contribué à créer, le 22 juin 2019, une sorte de diocèse des musulmans : le Conseil départemental du culte musulman (CDCM-Vaucluse) !

En France, l’Administration se glisse partout. Lors des cérémonies de commémoration du 11 novembre, il lui faut à Saint-Germain-en-Laye un représentant des musulmans puisque les catholiques, les protestants et les Juifs en ont un. Alors en 2019, au temple protestant de la Ville, les autorités civiles, militaires et religieuses ont écouté un Sahraoui non identifié proférer quelques phrases en langue arabe avant de déblatérer sur le prétendu racisme de la police.

Ajoutez à cette force d’inertie administrative la tentation du clientélisme (Jean-Christophe Lagarde à Bobigny), la pression communautariste, l’ignorance des habitants (à qui l’on parle de « culturel » et non de « cultuel ») un peu partout et la pression démographique et légale (les lois SRU et Duflot I pour les seuils de logement social), et vous obtenez l’effervescence actuelle. Le sujet est d’abord municipal. Il appartient aux habitants (pas seulement aux riverains) de manifester leur opposition sans se laisser démonter par les accusations d’« islamophobie » – et de voter en conséquence.

Pour les mosquées de France, l’ère des occupations de domaine public et des baux emphytéotiques (Cergy, Montreuil, Strasbourg – le Heyritz) est sans doute révolue. Nous sommes dans celle des mosquées « cathédrales » (Bordeaux, Lyon, Mulhouse, Metz, Reims, Strasbourg, etc.) et néanmoins périphériques (Hérouville-Saint-Clair, Nantes, Saint-Étienne, Toulouse), et déjà dans celle des mosquées de quartier résidentiel (Saint-Germain-en-Laye). Mais il y a surtout dans notre pays de plus en plus d’églises vides qui sont la propriété des communes et que l’Église ne dessert plus. Même données à l’islam, elles se fondraient bien mieux dans le paysage urbain ou villageois que n’importe quelle mosquée à l’allure banalisée de médiathèque (comme celle de Saint-Germain-en-Laye). Soyons donc vigilants lors de ces élections municipales… et ensuite !

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Auteur de l'article : Philippe Mesnard

Publication de l'article : 26 février 2020