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Fin d’été

Fin d’été - Politique Magazine

Voici que l’été penche vers son déclin, avec de beaux restes de chaleur et aussi des accès de fraîcheur qui nous préparent à sortir de la somnolence aoûtienne… Qu’on l’ait goûté en ville ou en province, dans la douceur des vacances familiales ou dans la solitaire pauvreté, il aura dispensé quelque dictame à la sourde inquiétude qui semble bien installée dans notre paysage français…

La violence et la haine ne prennent pas de vacances : les attentats se succèdent, les femmes se font agresser, une cigarette fumée devant une mosquée « justifie » une tentative d’étranglement, les morts jalonnent les semaines dans toute l’Europe. Bien sûr, pour nos molles autorités, il s’agit de déséquilibrés, et on en appelle aux psychiatres qui n’en demandaient pas tant. Comme il est interdit de désigner clairement l’agresseur, on a recours à la vieille recette de la présomption de démence si chère autrefois aux gérontocrates soviétiques.

Pour l’instant, la chute est libre : il faut dire qu’elle a commencé assez haut pour que certains Pangloss fassent encore semblant de croire que tout ne va pas si mal et qu’il est quasiment sacrilège de penser que tout était mieux avant… D’autres cependant, et non des moindres, tirent argument de la situation et du malaise général pour établir les bases d’une éthique de l’aplatissement, en diffusant des messages teintés du gris sale de la confusion intellectuelle et morale ; l’un des plus pernicieux consiste à abolir la distinction entre morale privée et morale publique : puisque l’hospitalité fraternelle est un devoir qui échoit à toute personne témoin de la détresse de son prochain, il incombe aux États d’adopter la même attitude à leur niveau. Alors que ce qui est bonne et simple charité de la part de Pierre, Paul, Jacques, Mouloud ou Fatima, devient, de la part de Monsieur le Président une très coupable faiblesse qui ressemble fort à de la trahison ! Comme le faisait remarquer très pertinemment Laurent Dandrieu ces jours derniers, la fermeté de l’État est le rempart et la garantie du libre exercice de la fraternité entre les personnes ; au rebours et pour être tout à fait clair, la défaillance de l’État dans son devoir de protection de ses ressortissants est génératrice de guerre civile ; force est de constater que nous ne sommes plus très loin de cette calamité : le sol se rapproche !

Où est le vrai courage ? Chez ceux qui de la terrasse de leurs palais bien gardés, voire de leurs assises épiscopales bien consensuelles, donnent des leçons de morale biaisée ? Ou bien chez ce prêtre libanais qui a convaincu son gouvernement de renoncer à la construction d’une mosquée susceptible de fixer sur place les réfugiés syriens qui amorcent leur retour dans leur patrie ? Cette démarche de bon sens l’empêche-t-elle d’exercer là où il se trouve son ministère de charité ?

Disons enfin que notre ennemi d’aujourd’hui, qui est l’Islam radical (expression un tantinet pléonastique : comment l’Islam pourrait-il se séparer de sa racine ?), doit sa puissance à une alliée de taille, qui lui a bien déblayé le terrain : il s’agit de notre propre faiblesse : un monstre dont les têtes multiples se nomment égoïsme, embourgeoisement, laxisme moral, malthusianisme etc, qui entourent servilement la plus malfaisante et la plus couronnée, le reniement spirituel ; c’est un reniement mou, suant d’ignorance, de paresse et d’indifférence, pire encore que l’athéisme militant, qui est une sorte de religion à l’envers.

Mais l’été n’est pas fini, les jours sont encore longs, et notre France garde encore bien de la douceur…

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Auteur de l'article : Claude Wallaert

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