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Le féminisme, de la sacralisation à la caricature

Marlène Schiappa - Politique Magazine

Comme plus personne par lâcheté n’ose aborder le sujet, abordons-le !

Pour évoquer le féminisme sans se perdre dans ses aspects si complexes et parfois antagonistes, ne craignons pas de partir de haut. La femme, placée par Dieu aux côtés de l’homme, a été créée, comme lui, à Son image et à Sa ressemblance ; de plus, Dieu « n’a pas craint » de s’incarner dans l’utérus d’une femme, Marie, nouvelle Eve, véritable « Mère de tous les vivants ». Telle est la vision chrétienne, qui sacralise la femme à jamais.

Or, ce que Dieu a fait, l’homme s’ingénie à le corrompre, voire à le défaire. Mésusant de sa liberté, il pense et légifère à sa guise, satisfait ses appétits et invente de nouveaux esclavages.

On observe que les premières manifestations de féminisme, au sens de revendication de l’extension des droits de la femme, sont apparues en réaction à une dégradation de la condition féminine : c’est la Renaissance, période de régression sociale liée à la résurgence du paganisme, puis le XIXe siècle, marqué notamment en Angleterre par la « révolution industrielle » : on appelle cette période la « première vague » du féminisme, caractérisée par des revendications souvent très légitimes, portant sur le droit de vote, les conditions de travail, le droit à l’éducation, etc. Nous sommes encore dans une préoccupation de justice et d’équité, mais déjà dans une démarche sécularisée.

La « deuxième vague », qui se situe dans les années 60-80 du XXe siècle marque un tournant : en effet, apparaissent alors des exigences d’une autre dimension, qui aboutiront chez nous à la loi dite Veil de 1975 dépénalisant l’avortement, suite logique de la loi Neuwirth de 1966 libéralisant la contraception ; d’une manière générale, on assiste à une remise en question virulente de la morale sexuelle et du respect de la vie traditionnelle.

Avec la « troisième vague », qui s’est enflée à partir des années 80, un nouveau cap est franchi : l’exacerbation du principe d’égalité des sexes aboutit à leur indifférenciation, à la volonté de placer sur un même pied toutes les options sexuelles et particulièrement à la vulgarisation des théories de Judith Butler (Gender trouble paru en France en 2005). Le sexe est déclaré « contingent », sans autre justification qu’une organisation « patriarcale » de la société, l’homosexualité et l’inceste passent du statut de déviance à celui de fleuron du sacro-saint libre-arbitre individuel.

La perméabilité des médias et des élites intellectuelles et politiques à ces nouveaux venus « culturels », ainsi que les lois sociétales récentes contribuent grandement à la dégradation du climat général, lié pour le long terme à la faillite de la prétendue Education nationale.

Le féminisme est donc passé de la revendication légitime fondée sur une préoccupation de justice, (première vague) à un égalitarisme agressif associé au mépris de la vie, (deuxième vague), pour aboutir à la négation pure et simple de l’identité sexuelle et de toute morale naturelle, au profit d’une vision absolue des droits de l’individu (troisième vague).

Cette régression de la pensée et des mœurs a de multiples répercussions qui obèrent gravement notre avenir et celui de nos enfants ; ce mépris du corps dans sa noblesse naturelle conduit à la vulgarité et à la pornographie qui s’introduisent jusque dans les écoles primaires, faisant des écoliers des obsédés précoces ; cette pollution déshumanisante favorise l’émergence de la marchandisation des corps, avec la PMA, et bientôt la GPA ; cette indigence philosophique et spirituelle fait le lit du scientisme triomphant, avec l’exaltation du transhumanisme.

Après ce constat peu « réjouissant », on se demande si la vision chrétienne des corps et des sexes n’est pas la seule source de progrès authentique, en harmonie avec la vérité et donc la vraie liberté.

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Auteur de l'article : Claude Wallaert