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Amis, ennemis ou Partenaires ?

Parmi les nombreux sujets d’irritation que nous devons aux journalistes et aux faiseurs d’opinion, figure, outre un défaut plus ou moins prononcé d’objectivité, ce qui est pardonnable, une triste pauvreté en critères de jugement, ce qui l’est beaucoup moins pour un professionnel.

Ceci est particulièrement observable en politique étrangère : les gouvernants étrangers et leur politique sont très souvent appréciés en fonction de références franco-françaises, ou de préjugés passe-partout, droits-de-l’hommistes, européistes, démocratisants, laïcisants, voire mollement compassionnels ; bref, Vladimir Poutine, Donald Trump, Victor Orban, et autres Matteo Salvini passent dans la médiocre moulinette des médias, et ils en sortent passablement défigurés.

Pourtant, nous, lecteurs, serions en droit d’attendre de nos périodiques écrits ou parlés des appréciations plus originales procédant de critères objectifs, imposant momentanément silence aux émois commandés par la sacro-sainte ligne éditoriale (subventionnée) !

Gardons l’exemple des hommes politiques étrangers : si avant de juger un homme d’État et son action, on se posait quelques questions telles que : le président X a-t-il le souci du bien commun de son pays ? Comment est-il apprécié chez lui ? Quel est le retentissement de son action sur les relations internationales ? Quel exemple nous donne-t-il sous l’angle de la Justice, en particulier à l’égard des plus faibles, de la famille etc. ? Comment apprécier ses caractéristiques personnelles ? Sa politique ressortit-elle à une logique nationale ancienne, voire pérenne ?

Ces questions font ressortir une exigence, dont le degré de satisfaction permet de distinguer les bons articles des autres, et aussi la nécessaire humilité du rédacteur ou de l’orateur dans ses conclusions…

Prenons Donald Trump, et tentons de le soumettre à cette ébauche de grille d’appréciation : nous voyons apparaître les contours d’une personnalité haute en couleurs, honnie de la gentry toujours orpheline de Hillary Clinton, portée par un vrai soutien de « l’Amérique profonde » qui connaît le taux de chômage le plus bas depuis des dizaines d’années, patriote agressif dont la politique économique met la nôtre en danger ; il se signale étrangement par des prises de position « pro-life » audacieuses ; enfin, sa politique proche-orientale guidée par un vigoureux soutien à Israël l’inscrit rigoureusement dans une des constantes spécifiquement américaines depuis 1945. Vu sous cet angle, est-il si fou et imprévisible qu’on le dit ?

Quant à Vladimir Poutine, son image dégouline des bavures de la période Eltsine et des préjugés démocratisants auxquels on ne songeait pas au temps béni des tsars rouges ! En réalité, le bien commun de sa patrie est son obsession comme en témoignent les mesures qu’il prend en faveur de la famille que les régimes précédents avaient sinistrée ; sa situation géo-stratégique fait que son intérêt le pousserait, si on le laissait venir, à nouer des liens fructueux avec une Europe forte (hélas…) face à la Chine et aux États-Unis, ses vrais adversaires. Enfin, et cela fait peur à nos prétendus politologues, voici un homme fort qui dispose de l’appui de son peuple et d’une grande liberté d’action ; il a le sens du secret et avance ses pions comme un joueur d’échecs, bref, c’est un dirigeant russe jusqu’au bout des ongles, ou des griffes.

N’est-ce pas d’une incohérence profonde, signe d’une grande faiblesse, que de suivre servilement l’un et de vouer sottement l’autre aux gémonies ?

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Auteur de l'article : Claude Wallaert