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Tant de peines pour faire un peu de bien

Du Proche-Orient, j’aimerais ne vous décrire que les hommes, les paysages, les odeurs, et les contradictions. J’aimerais ne m’appesantir que sur les cœurs qui s’élargissent en découvrant des liturgies ancestrales et des ermites insoupçonnés. J’aimerais vous dire nos courses aux frontières et nos émerveillements quand nos volontaires atteignent les séminaires ou demandent le baptême.

C’est pourquoi je ne dis pas habituellement la peine qui envahit le cœur quand on fait le compte des déceptions devant l’église militante. Rien, je ne dis rien des consternations devant l’impolitesse de tel archevêque qui ne propose pas un verre d’eau à son confrère oriental venu lui rendre visite. Rien non plus de cet académicien qui donne la leçon aux patriarches résidant en Syrie au début de la guerre civile. Rien non plus de querelles, connues de quelques-uns seulement, pourtant tellement révélatrices des hypocrisies entourant les appels à l’engagement des laïcs.

Je ne dis rien de tout cela car un moine m’a dit un jour : « Quand sa mère est nue, on ne l’insulte pas, on la recouvre d’un manteau, et on la veille ». Je peux simplement témoigner des douleurs de l’âme devant les embûches et les lâchetés. Le Christ nous a prévenus, tenter de faire le bien ne va pas sans mal.

Quand cependant le mal sort du monde, la liberté est de mise. Au milieu d’une tablée, l’alerte sonne. Des pigistes vous bafouent. Ils ne connaissent ni les pays, ni les hommes dont ils parlent. Ils n’ont épuisé aucune route, aucune soirée, aucune fête à tracer un chemin pour proposer une parcelle de bien. Ils n’ont inauguré ni église, ni école, n’ont bâti aucun centre, offert aucun cadeau. Ils n’ont pas vu les enfants handicapés des montagnes de l’Irak ou les veuves de Mhardeh. Ils ne savent rien de cela. Ce n’est pas leur sujet, ce n’est pas leur monde.

Les démons de la presse contre les beautés de la mission

Ils ont une bourse de Georges Soros, des positions dans des journaux financés par le milliardaire américain, des réseaux, ceux du magnat. Ils ont pour eux une mélodie qui assimile la gauche à la liberté et aux convictions, la droite à l’opprobre. Tout cela fait leur partage et même leur salaire. Alors ils vous insultent, ils travestissent l’évêque d’une ville martyre, fidèle à son troupeau au milieu des mortiers, en parrain douteux. Qui leur répondra qu’ils ne savent rien, qu’ils n’ont rien touché, qu’ils n’ont ni main, ni cœur ?

Qui pourra dire à cette jeunesse, issue des Instituts d’Etudes Politiques, que la vie orientale n’a rien à voir avec une lutte pour dégenrer les sanitaires et briser les statues ? Personne puisqu’ils n’écouteraient pas. Ce n’est pas leur sujet. Leur sujet est de salir, d’instiller, de corrompre. Leur sujet est d’humilier les chrétiens syriens, en armes pour que leur fille ne soit pas éventrée par un Tchétchène et leur fils pendu par un djihadiste aux papiers français. Leur sujet est d’humilier la génération qui se lève pour aider les chrétiens d’Orient, là-bas, dans la fournaise et le dénuement. Leur sujet est de violer les desseins les plus purs et les volontés les plus nobles. Il y a des démons de la presse qui ne supportent pas les beautés de la mission.

SOS chrétiens d’Orient a tout traversé. Les guerres, les calomnies, les insultes, et même l’enlèvement de quatre de nos amis. Le fanatisme de la gauche française a durci notre peau et renforcé nos traits. Mais le soir, quand nos familles pleurent de ce qu’on dit de vous, une question nous taraude : parviendront-ils à noircir notre cœur ?

Puisse nos âmes s’en défendre, nos amis nous en prémunir, et la loyauté à tant de sacrifices librement consentis, obtenir de La-Haut, la force qu’il nous faut pour souffrir comme doivent souffrir ceux qui savent ce qu’ils font.

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Auteur de l'article : Charles de Meyer

Publication de l'article : 11 octobre 2020