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LA HAINE DE LA FAMILLE

La Covid a bon dos.

Et son utilité, pour le pouvoir, commence à éclater aux yeux même des plus dociles car il n’y a pas que les restrictions apportées aux libertés évidentes, celles que nous portons dans nos pieds, qui meuvent nos mains et notre parole. Il y a, plus insidieuses, celles que le pouvoir en place assène sur d’autres libertés majeures, l’éducation, et, plus généralement, tout ce qui touche à l’enfance.

Vincent Peillon rêvait de ranimer la Convention et d’en finir avec l’éducation catholique et le mystère de l’Église. À la faveur des lois « contre le séparatisme » , voici que toute école qui n’est pas l’école de l’État (ou conventionnée avec l’État) doit disparaître, comme doit disparaître l’éducation à la maison, l’enfant, enlevé à trois ans du foyer familial, est remis à l’école de la république, pour qu’elle en fasse un vrai républicain. Le totalitarisme ne se cache plus. La république affirme sa volonté d’emprise sur les intelligences, les âmes, et les cœurs. La famille et l’Église n’ont qu’à s’incliner. Il leur reste le coin prières et le coin des jeux. Tout le reste est sous contrôle.

Les plus anciens se souviennent des grandes manifestions pour l’Ecole libre contre « le grand service public laïc et unifié » de Monsieur Savary. Intelligent – nous étions sous François Mitterrand –, le pouvoir avait reculé. Mais les volontés demeurent, et aujourd’hui sous une autre forme, à la faveur de la crise sanitaire et de l’insécurité en grande partie due à l’échec de l’école, voici que de façon subreptice la suppression de la liberté scolaire passe dans la loi.

« La loi a fait l’école pour que l’école fasse la loi » écrivait le jeune Maurras au temps des « lois scolaires ». Il était encore très généreux, car cela supposait que ceux qui sortaient des nouvelles écoles de la République avaient appris le minimum de pensées et de mots pour rédiger un texte à valeur législative.

Aujourd’hui, l’examen des propositions de loi dit non seulement leur perversité idéologique mais encore une hâte fébrile mêlée à une incompétence stupéfiante.

À l’heure où j’écris, l’Assemblée Nationale est saisie d’une réforme de l’adoption qui laisse pantois. Tout pouvoir est donné aux organismes d’État. Les associations privées, mêmes elles, dont l’expérience reconnue servait de modèle, sont balayées au profit de la toute puissante Assistance Sociale à l’Enfance, dont tout praticien des tribunaux pour enfants sait combien elle est déjà débordée. Comme pour l’école, la santé, l’adoption doit être chose d’État. Car seules les organisations d’État peuvent faire respecter les valeurs républicaines, tandis que rien ne dit que les initiatives privées ne continueraient pas de privilégier un modèle familial, celui d’un père et d’une mère unis depuis longtemps et offrant un foyer stable. Le vrai visage de ces lois, nous les connaissons depuis longtemps, il est celui d’une haine pour la famille, le mariage et l’éducation des enfants tels que vingt siècles de christianisme les ont formés.

Tout cela passera comme finissent par passer les épidémies. Le travail des générations nouvelles s’appellera reconstruction.

 

Illustration : La République nourrit, abrite, protège et instruit ses enfants.

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Auteur de l'article : Jacques Trémolet de Villers

Avocat
Publication de l'article : 10 décembre 2020