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Djihadisme, ascenseur spatial et œuf de verre

Libre-journal de la réaction. Radio courtoisie, 11 juin 2019

Mardi dernier on a parlé de merveilleux scientifique, autrement dit de science-fiction française du début du XXe siècle. Gersende nous a passionnés parce qu’elle maitrise le sujet mieux qu’Houdini ne ficelait ses tours et qu’elle avait bien pioché le sujet. Ce merveilleux-là part de la science et imagine ce qu’il y a au-delà, qui est rarement enthousiasmant ou réconfortant mais qui est toujours fascinant.

On n’était pas parti tout de suite sur le merveilleux scientifique et ses romans épatants, comme L’Œuf de verre de Jean de Quirielle, parce qu’il fallait bien parler un peu de l’actualité, mais on avait choisi du scientifique et même du merveilleux : les véhicules autonomes, où Macron comme d’habitude veut gouverner par ordonnance pour réformer le Code de la route afin de poser un acte politique fort qui va conforter le lideurchipe de la starteupe nation, ce qui est un peu une manie ; ou les Boeing 737 MAX, cloués au sol parce qu’ils ne sont pas fiables ; et des ondes radio qui proviennent d’une autre galaxie et je n’ai pas du tout réussi à expliquer l’intérêt de la chose alors autant que vous lisiez l’article qui explique comment l’espace est constitué de vide plein de trous avec un peu de galaxies autour. Une fois qu’on a eu parlé de merveilleux scientifique, on a enchainé sur l’ascenseur spatial, qui paraît merveilleux et qui sera en place en 2050 : c’est le Russe Tsiolkovski qui l’a inventé, au XIXe ou presque. En 2050, avec l’ascenseur, vous pourrez envoyer un kilo en huit jours à 36 000 kilomètres de haut pour 200 dollars américains, alors qu’aujourd’hui vous pouvez juste rêver de payer 58 millions des mêmes dollars pour aller passer quelques jours sur la station spatiale internationale… Économisez, plutôt, et attendez 2050. Enfin, économisez… Si vous y arrivez puisque l’État va filer des centaines de kilomètres de routes nationales aux autoroutiers, qui sont pourtant déjà gras à lard. Ça serait étonnant que ça ne nous coûte rien. Et on ne peut pas faire confiance aux députés LaREM pour s’y opposer, ces gens moutonniers et plats votant comme un seul troupeau tout ce qu’on leur commande. Aussi grégaires que des Erismatopterus levatus, poissons de l’Éocène, plats et grégaires. Aussi ennuyeux, donc, que toutes ces séries de science-fiction contemporaines qui nous assènent, sous prétexte de dystopies, qu’il faut penser comme on pense au Monde et au New York Times. C’est sur France Culture qu’on a déclaré son ras-le-bol, et c’est une très bonne surprise, très bien écrite : « La science-fiction, ce genre si sympathique, était en train de se résorber, à travers le triomphe contemporain de la dystopie, dans quelque chose d’à peu près aussi intéressant qu’un cours de culture générale dans une prépa Sciences Po, qu’un discours de Macron sur la citoyenneté, que l’édito d’un hebdomadaire sur la montée des périls et les dangers des réseaux sociaux. »

Pendant ce temps, on nous explique que le jihadisme gangrène l’Afrique de l’Ouest, sur un registre si médical (gangrène, folle contagion, contagiosité…) que l’islam paraît n’y être pour rien. C’est bien simple, Disney, dans sa version nouvelle d’Aladdin avec de vrais comédiens, a supprimé le vers « It’s barbaric, but hey, it’s home », parce que c’est bien connu, rien de barbare ne se passe en Orient.

On a conclu en appelant Hayek à la rescousse (j’avoue en avoir fait une interprétation assez particulière me permettant de dénoncer Macron et ses lois de circonstance qui temoignent surtout qu’il ne voie le monde qu’à la lumière de son moi hypertrophié) et en s’émerveillant qu’en 1907 on ait enterré, sous l’opéra, dans des urnes de plomb avec de belles étiquettes, des disques de gomme-laque et un gramophone ; avec des aiguilles de rechange. Le futur faisait rêver, à l’époque. Mais le plus simple c’est que vous nous écoutiez ce soir et à partir de demain et toute la semaine en podcast.

Par Philippe Mesnard
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Auteur de l'article : PM