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Notre-Dame des Gilets Jaunes

Le délaissement d’une partie du peuple français à l’image de celui de notre patrimoine.

Sans préjuger aucunement des résultats de l’enquête sur l’incendie de Notre-Dame, même si l’on peut s’interroger sur la promptitude avec laquelle il a été annoncé que c’était un accident, la question est : comment se fait-il que l’Etat ait repoussé les travaux de fond à plus tard, puisqu’il était de notoriété publique que le bâtiment réclamait des travaux d’ampleur, comment se fait-il surtout qu’il en est manifestement de même pour le patrimoine tout entier en France ?

Jack Lang, aux premières loges de l’incendie, depuis l’Institut du monde arabe, nous a fait, avec sa tête de gargouille, le grand numéro de la déploration alors qu’il a été l’initiateur du détournement des fonds de la culture vers le rap, le tag, les Frac (fond régionaux d’action culturelles) et autres fariboles supposées culturelles. Dans le genre Hidalgo n’est pas en reste avec les OCNI (objet culturel non identifié) à la Jeff Koons et autres auteurs étrons kitsch néo pop.

L’examen du budget de la culture est à cet égard significatif. Dans le projet de la loi de finance pour 2019 le budget de la culture ne bénéficie d’aucune augmentation. Pour un total plutôt modeste d’à peine 10 milliards d’euros. Soit 2,5% environ des dépenses pour 2019. Les dépenses  « culturelles » atteignent 3,632 milliards d’euros, dont 2,941 milliards pour la mission «  culture », elle-même composée de 899 millions d’euros pour la ligne N° 175 : Patrimoines. Même pas un milliard et moins que l’AME (910 millions) ! Le reste allant à « Création [?] » et « Transmission des savoirs et démocratisation [sic] de la culture ». Tout ceci à l’image du budget général : 80 % en «  projets de société » (ah ces politiques qui nous veulent tant de bien !) et 20% en charges régaliennes et, pourrions-nous ajouter, patrimoniales. On notera aussi que, dans ce budget, « Presse et médias » et « Audiovisuel public » représentent respectivement 281 millions et 3,860 milliards d’euros, soit donc plus que la dépense patrimoniale.

Paris brûle

Est-il besoin de démonter que ce délaissement manifeste est exactement à l’image de celui d’une partie de nos concitoyens, délaissés eux aussi au bénéfice de chimériques horizons macroniens, l’Europe, l’avenir radieux et printanier du culte de l’Autre suprême, l’accueil sans discernement aucun des foules majoritairement masculines dénommées migrants, lesquels absorbent des ressources qui ne vont ni au patrimoine, ni à nos concitoyens ? Ces migrants qui contribuent d’ailleurs, directement ou indirectement, à dégrader la basilique Saint-Denis, récemment vandalisée par un Pakistanais, les rues de Paris et le chemin de fer de ceinture qui commence à ressembler aux rues de Dacca. Paris brûle, en ses rues prestigieuses du point de vue profane avec quatre mois de révolte des Gilets jaunes, et maintenant en son lieu sacré, sa cathédrale.

Chez les Gilets jaunes il y avait cette question : comprendre comment le toujours-plus-d’impôts donne un toujours-moins-de-services-publics ; la question se pose aussi pour Notre-Dame. Qui nierait que ce sont les même termes d’une même problématique ?

Désormais il s’agit de reconstruire. Pour la cathédrale, cinq ans, nous dit Macron : il faudra plus que cela. Il en est de même pour le corps social, l’unité nationale, la mémoire volée, l’espace occupé, morcelé, séparé. Il faudra plus de cinq ans pour que la France se réapproprie… la France.

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Auteur de l'article : Olivier Pichon

Enseignant, journaliste et homme politique français