Accueil / Culture / Un djihad économique

Un djihad économique

La Stratégie, telle qu’exposée par J.-F. Poisson, est un outil culturel. Mais « la nature de l’islam », comme vient de le déclarer Dalil Boubakeur, « c’est d’être à la fois un culte, une culture, une réalité humaine et une civilisation remarquable » (Libération, 9 décembre). La sphère économique et le monde du travail n’ont aucune raison d’échapper à la propagande islamiste ni à l’instrumentalisation islamiste. Qu’il s’agisse de ruiner sciemment l’industrie du tourisme, de détruire les codes du “vivre-ensemble” en installant une pseudo-civilité musulmane dans l’entreprise ou de tester les limites des accommodements raisonnables en exigeant des salles de prière – ou, plus simplement, en transformant en salles de prière un local de repos –, les islamistes tissent leur toile au travail. L’enquête de P. Lobjois et M. Olivier montrent, avec un nombre d’exemples suffisants pour qu’on puisse adopter leurs conclusions, à quel point le lieu par excellence du libéralisme occidental, l’entreprise et sa mystique productiviste, est le lieu d’une subversion larvée et efficace. Être employé sert la dissimulation de l’apprenti djihadiste, voire sert son combat quand l’emploi est celui de militaire, de policier, d’ingénieur atomiste… Les auteurs ne se contentent pas de nous alerter, ils montrent aussi que réagir est possible : une entreprise comme Paprec, avec sa charte de la laïcité, se donne son propre cadre pour contenir les efforts prosélytes et susciter la réprobation. Les DRH et les syndicats élaborent prudemment des réponses adaptées, allant jusqu’à stigmatiser l’usage de l’alsacien pour mieux interdire toutes les langues “régionales”, dont l’arabe… Le ver est dans le fruit, certes, mais il n’agit plus à l’insu de tous.

Lobjois, M. Olivier, La Guerre secrète – L’islam radical dans le monde du travail. Fayard, 2018, 274 pages, 19 €
Partagez l'article...
Share on Facebook
Facebook

Auteur de l'article : PM