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Marie-Antoinette, de Stefan Zweig.

Adaptation, mise en scène et interprétation de Marion Bierry sur une traduction d’Alzir Hella. Avec Thomas Cousseau et, à partir du 3 décembre, Stéphane Bierry

Le 22 février 1942, après avoir visité Georges Bernanos, Stefan Zweig se suicide. Le 16 octobre 1793, la reine Marie-Antoinette était morte guillotinée sur la place de la Révolution à Paris.

Stefan Zweig lui consacrera une biographie en 1932, qui sert toujours de référence. La jeune princesse est une enfant espiègle qui ne se montre pas encline aux études intellectuelles. À l’âge de quatorze ans elle est donnée en mariage à Louis-Auguste de France, futur Louis XVI. Insensible à la situation politique et à ses devoirs, elle mènera une vie frivole qui lui est reprochée rapidement. Elle se réfugiera dans la vie familiale puis, prenant la mesure des terribles événements qui sont à craindre, elle soutiendra son mari et, par une métamorphose surprenante, le conseillera, jusqu’à parfois dicter des lettres aux ministres du roi. Commence alors la tragédie que nous connaissons, avec en point d’orgue un des procès les plus iniques que l’on ait connus, et une exécution d’une cruauté glaçante. L’art de Stefan Zweig est de souligner la rupture du personnage, écervelée qui devient une héroïne comme malgré elle.

Nous avons assisté à la mise en théâtralité d’une biographie écrite. Réalisée avec talent, la pièce, sous forme de séquences alternées, suit la progression tragique du personnage, interprétée de façon vibrante par Marion Bierry qui est aussi l’adaptatrice du texte et en charge de la mise en scène du spectacle. On soulignera l’intensité qui se dégage du plateau, lors de l’évocation du procès. Elle est accompagnée par Thomas Cousseau, dans le rôle d’un commentateur éclairé, acteur confirmé et à la maîtrise d’une excellente diction. Il sera remplacé bientôt par le frère de Marion, Stéphane. Tous deux enfants d’Etienne Bierry qui fut à l’origine de l’histoire de ce Théâtre de Poche et reçut, en 2009, le Prix du Brigadier d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il passa la main à Philippe Tesson et à sa fille. Bel exemple de la tradition de la transmission au théâtre. Ce spectacle bouleversant allie le génie de Stefan Zweig, la magie de l’interprétation, et l’hommage rendu à une martyre.

Théâtre de Poche-Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, 75006 Paris
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Auteur de l'article : Bruno Stéphane-Chambon

Chroniqueur théâtre
Publication de l'article : 23 décembre 2019