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Dans les cendres de la civilisation

Dans le huis clos infernal d’une ville ravagée par la guerre nucléaire qui oppose Russie et États-Unis, un jeune garçon a été contraint de quitter l’abri discret où il avait trouvé refuge. Juste avant, il jouait au football avec ses amis sur un charnier recouvert de terre. La guerre semble durer depuis longtemps, nous ne le saurons pas. Elle est installée. Sa vision du monde est celle de tous les adolescents : il vit dans le présent immédiat. Sauf que ce présent est celui de la guerre qui suit toutes les guerres, quand la dévastation est à son comble. Égaré, amené à rencontrer d’étranges personnages, un parachutiste américain blessé, une sorte de zombie enfui de la « zone rouge », lieu où vivent théoriquement enfermés les victimes des radiations (la rumeur dit qu’ils sont devenus cannibales, qu’ils s’entredévorent, que certains parviennent à s’échapper et qu’il est préférable de les éviter)… Le héros et narrateur de cette histoire, par les yeux duquel nous découvrons ce monde dévasté, le nôtre, proche, juste demain, part à la recherche de son petit frère Théo. Un voyage initiatique dans le pire monde : l’après de la dernière guerre. Un roman qui dépasse le romanesque. Benedek Totth, à l’instar d’un Cormac McCarthy, donne à lire la chronique de la fin d’une civilisation enfouie sous la cendre. Puissant.

Benedek Totth, La guerre après la dernière guerre, Actes Sud, collection Exofictions, 2019, 200 p., 21,50 €.

 

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Auteur de l'article : PM