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Le terrorisme musulman en Birmanie

Le sort des musulmans bengalis, les fameux Rohingyas, a fait couler beaucoup d’encre – après que beaucoup de sang a coulé par la faute des terroristes musulmans bengalis… Didier Treutenaere s’efforce de rétablir les faits en les dressant sous une juste perspective : qui sont les agresseurs initiaux, pourquoi l’armée du Myanmar a-t-elle lancé une contre-offensive aboutissant à l’exode massif des musulmans, comment ce pays bouddhiste prétend-il sauvegarder sa religion, sa culture, son identité, sa souveraineté, en un mot ? Ce petit ouvrage est une enquête remarquable puisqu’il permet de comprendre précisément comment les musulmans ont œuvré à une purification ethnique dans les années 40, sous prétexte de lutter contre l’envahisseur japonais, le rêve d’un califat islamique leur paraissant bien supérieur à l’indépendance birmane. On comprend que leur sort actuel n’est que la lointaine et logique conséquence de leur volonté de ne pas s’assimiler, de ne pas s’intégrer, de constituer une communauté à part, revendiquant jusque dans les années 70 un État musulman distinct – ne répugnant pas au terrorisme, ni en ex-Birmanie ni dans les États voisins, Bangladesh ou Thaïlande.

Une fois encore, l’actuelle propension à ne voir dans l’islam qu’une religion de paix injustement persécutée, a transformé les exactions d’une “armée” djihadiste (attaques de postes de police, incendie de villages hindous, égorgements de villageois) et leur répression en une pure fable de persécution menée par des bouddhistes enragés de nationalisme. Le schéma est invariable, la réponse des médias, de l’ONU et des démocraties occidentales aussi : le musulman est vierge de tout crime, la parole du musulman est vraie. Quelques pages saisissantes montrent comment les musulmans utilisent dans leur propagande leurs propres crimes, une fillette bouddhiste violée et décapitée par un colon musulman se transformant miraculeusement en une Rohingya violée et tuée par les forces birmanes…

Avec pertinence, l’auteur conclut son ouvrage sur le sens de la désapprobation internationale à l’encontre du Myanmar : le petit État, s’étant “bêtement” révélé nationaliste, épris de sa propre souveraineté (c’est-à-dire refusant de laisser les ONG prendre la place des colons anglais), peu sensible aux revendications sécessionnistes des immigrés musulmans et ne considérant pas les droits de l’homme à l’occidentale comme le fin mot de toute philosophie, se retrouve tendre un désagréable miroir à ceux qui l’avait érigé en symbole de démocratie post-moderne. Outre les effets habituels de la propagande islamiste, les Rohingyas ne sont exaltés que pour châtier l’impudence de ceux qui prétendent ne pas se soumettre à l’occidentalisation libérale…

Didier Treutenaere, Rohingyas, de la fable à la réalité. Soukha éditions, 2018, 160 p., 19,90 €.

 

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Auteur de l'article : PM