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Kean (1836)

D’Alexandre Dumas. Adaptation Jean-Paul Sartre. Mise en scène Alain Sachs. Avec Pierre Benoist, Sophie Bouilloux, Alexis Desseaux, Jacques Fontanel…

Nul autre comme Edmund Kean (1787-1833), surnommé le « Talma anglais », ne sut rendre aussi bien la folie d’Hamlet et de Macbeth. Adulé par le public, jamais considéré autrement que pour son art ; sa vie, enténébrée par ses extravagances et ses turpitudes, fut un cadre idéal d’inspiration pour Dumas. Tout est dans le titre Kean ou désordre et génie : « il faut avoir brûlé son existence en enfer pour enflammer les planches », telle est la confession de Kean au public, tel est le danger de confondre l’art et la vie. Incarnation du théâtre romantique, Kean est condamné à vivre d’excès pour y puiser sa force créatrice. La mise en scène de Sachs où s’invite la modernité de Sartre révèle un peu plus cette dualité entre être et paraître. N’est-ce-pas la quintessence du théâtre ? Et quel éloge de l’acteur ! « Oh ! métier maudit… où aucune sensation ne nous appartient… où le cœur brisé, il faut jouer Falstaff ; où le cœur joyeux, il faut jouer Hamlet ! Toujours un masque, jamais un visage… » Écrite en 1836, la pièce de Dumas saisit tout à la fois le destin d’un homme, la place du créateur dans la société, l’exil social de l’acteur condamné à la mort ou à la fuite. « L’ivresse nous rappelle Dumas – au sens d’inspiration supérieure – est à l’acteur ce que la muse est au poète : un souffle, une victoire éphémère sur l’absurdité de la condition humaine ». La partition de ce spectacle, mise en scène et comédiens, est de l’ordre d’un grand rendez-vous à ne pas rater.

Théâtre 14, 20 avenue Marc Sangnier, 75014 Paris – Réservation : 01 45 45 49 77
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Auteur de l'article : Madeleine Gautier

Chroniqueur théâtre