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Dutourd, Montherlant, Conrad

La revue trimestrielle Livr’arbitres, très éclectique dans les domaines du théâtre, la poésie et la littérature, représente la meilleure référence pour (re)découvrir certains auteurs et leurs œuvres. Ce nouveau numéro (N°32) commence par un portrait d’Henry de Montherlant (1895-1972) qui, souvent détesté ou incompris, mais encore trop négligé, mérite d’être remis à l’honneur. L’écrivain confiait dans une interview, en 1970, « je ne suis ni philosophe ni un moraliste mais un psychologue » : il est vrai qu’il s’est raconté tout en jugeant ses contemporains. Maniant, en général et à merveille, l’humour vache et la tendresse veule, il leur donnait un ton de voix unique (Les jeunes filles, Les Célibataires). Nous retiendrons également l’hommage fait à Jean Dutourd (1920-2011), autre grande figure littéraire qui aurait célébré ses 101 ans le 14 janvier. Académicien, essayiste, romancier et chroniqueur piquant, fou de littérature il déclarait avec l’humour qui le caractérisait : « J’écris non seulement pour les gens qui m’entourent, mais également pour ceux qui ne sont pas encore nés ainsi que ceux qui sont morts. Je tiens essentiellement à l’estime de Flaubert ! » Relire Au bon beurre, La chose écrite ou Les Dupes, pétri de finesse et de drôlerie, c’est comme plonger la main dans un sac de bonbons. Nous terminerons avec l’interview de Jean-Michel Conrad, auteur de sept polars, ancien policier, resté trente ans au sein de la P. J. Affichant avec sincérité et simplicité ses convictions politiquement incorrectes et ses goûts, il met également un point d’honneur, dans ses romans, « à n’écrire que des actions potentiellement et techniquement justes ». Traque d’un tueur, baron de la pègre, rapt, etc., qui d’autre qu’un policier est mieux placé pour en parler ? À la question qu’est ce qui est plus facile à réaliser, un enquête ou une intrigue, il répond « qu’une enquête aussi passionnante soit-elle est toujours un travail collectif, l’auteur est seul devant son ordi ». Si l’enquête est un fait, l’intrigue est une idée, d’où cette solitude de l’écrivain, ce temps suspendu en attente d’être rempli par la créativité.

Livr’arbitres, n°32, décembre 2020. https://livrarbitres.com
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Auteur de l'article : Madeleine Gautier

Chroniqueur théâtre