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L’Homme qui a dit non

Seul face à son parti, opposé à Lord Halifax et Chamberlain, Churchill refuse de négocier avec Hitler, alors que toute l’Europe est sous la botte nazie. Avec l’aide inconditionnelle du roi Georges VI, le vieux Lion réquisitionne tous les navires du royaume pour évacuer les 338 226 soldats britanniques pris en étau dans la poche de Dunkerque. Pour illustrer cette période, la caméra de Joe Wright virevolte avec des plongées et contre-plongées vertigineuses en alternance avec des plans fixes d’une rare intensité. La prestation de Gary Oldman, au-delà de sa transformation physique, est époustouflante. Il se donne avec jubilation dans ce personnage en adoptant les mimiques, la diction tour à tour pâteuse puis musclée lors de ses discours et colères homériques. Cet acteur protéiforme maîtrise superbement la démesure du personnage, art qu’il a acquis lors de son long passage à la prestigieuse Royal Shakespeare Company. De nombreux passages nous invitent dans les coulisses du pouvoir tout en nous laissant assister aux grands débats parlementaires qui ont animé cette période tragique. Certes la scène dans laquelle Sir Winston se rend dans le métro pour rencontrer le peuple de Londres n’a pas existé, mais on est dans le domaine de la métaphore et, au travers de cette allégorie, les liens bien réels et indissolubles qui les unissent sont mis à l’honneur. Un film qui renoue avec le lyrisme et l’exaltation du patriotisme.

 

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Auteur de l'article : Bruno Stéphane-Chambon

Chroniqueur théâtre