Numéro 200 !

Sévillia, Petitfils, des Cars

Un bon poste d’observation

Par Jean Sévillia

Deux cents numéros, presque vingt années d’existence. Durer, c’est assurément la première performance de Politique Magazine. Dans une période économique difficile pour la presse écrite ne peuvent survivre que des grands journaux appuyés sur des actionnaires dont l’activité principale se situe dans l’industrie et la finance, ou à l’inverse des titres indépendants qui ne prétendent pas participer à la course aux gros tirages mais qui assument leur statut de « niches », en visant la qualité rédactionnelle dans le domaine qui est le leur et en s’appuyant sur la fidélité de leurs abonnés. Il faut cependant souligner, pour cette seconde catégorie de journaux, que la qualité conditionne la durée : il est loin le temps où l’on était, par fidélité familiale, lecteur d’un journal de père en fils, journal qu’on ne lisait pas toujours. Aujourd’hui, au regard du temps limité qu’accordent nos contemporains à la lecture sur papier du fait de la concurrence croissante des écrans, la médiocrité et la routine ne pardonnent pas aux mauvais petits journaux. Si Politique Magazine a atteint le numéro 200, c’est précisément parce que ce mensuel, à travers ses équipes successives et grâce au fil rouge tenu depuis l’origine par Hilaire de Crémiers, a voulu et su, après des débuts hésitants où il a fallu inventer la juste formule, ne jamais renoncer à l’exigence de qualité, exigence qui s’est notoirement renforcée au fil du temps.

La deuxième caractéristique de Politique Magazine, qui est liée à ce qui précède et qui explique encore plus la pérennité du titre, c’est d’avoir su rester fidèle à l’intuition de ses fondateurs. Affichant des convictions bien ancrées mais sortant des habitudes psittacistes et des naïvetés militantes, ce magazine entend analyser l’actualité selon les lois de la politique, au sens noble du terme, que ce soit la politique intérieure ou la politique internationale. Politique Magazine ne pratique pas l’esprit de parti, se réfère au bien commun et à l’intérêt national, croit au Politique avec un grand P, mais sans ignorer que la politique n’est pas le tout de l’homme et des sociétés, bien au contraire. Car nombre d’enjeux cruciaux actuels sont aussi philosophiques, religieux, historiques et culturels, et que de nouveaux débats d’idées sont apparus, de la bioéthique au transhumanisme et de l’écologie à la dictature des réseaux sociaux, qui appellent des réponses inédites. Ces réponses, on ne les dénichera pas chez les maîtres d’hier, puisque ce sont des problèmes qu’ils n’ont pas connus. Il appartient par conséquent à nos générations de les découvrir. À sa place, Politique Magazine contribue à ce travail.

Ajoutons qu’un bon journal ne peut être un journal de professeurs (que les professeurs me pardonnent…) Il faut aussi de l’humour, de l’impertinence, un zeste de polémique qui ne soit ni bête, ni méchante. Ce registre est présent dans Politique Magazine, je pense par exemple aux pages de photos assorties de légendes fantaisistes, mais il mériterait, à mon goût, d’être plus développé. Le moyen le plus efficace d’être sérieux est de n’être pas ennuyeux.

Nous traversons une époque bouleversée, où tout semble se décomposer, ce qui signifie que tout se recomposera un jour. Politique Magazine est un bon poste d’observation de ce double mouvement. Mouvement de mort, et mouvement de renaissance.


EN ROUTE POUR LE NUMÉRO 300 !

Par Jean-Christian PETITFILS

Je vais vous faire un aveu. Quand dans ma boîte aux lettres, au milieu d’un courrier souvent abondant, j’aperçois la fine couverture de plastique grise qui l’enveloppe, je m’empresse de la déchirer et me précipite sur Politique Magazine ! Cela fait des années que je le lis avec bonheur. Autant vous dire que je l’apprécie, même si ça et là je ne partage pas tous ses points de vue.

Son positionnement dans la presse mensuelle est unique. Remarquablement présenté, abondamment illustré, bien aéré, il attire de suite l’attention par sa qualité et une distribution claire des rubriques qui en facilite la lecture : un éditorial tonique, une partie consacrée à l’actualité toujours substantielle, de grands dossiers politiques ou historiques documentés, des analyses économiques et géostratégiques remarquables, des tribunes libres bien senties, des pages culturelles abondantes.

Voilà un journal de combat qui ne met pas son drapeau dans sa poche. Il affirme ses convictions haut et fort tout en écartant les invectives gratuites et les vaines polémiques. Le ton est à la rigueur de l’information, au décryptage pertinent de l’actualité, au réalisme lucide, à la dénonciation inlassable des mensonges médiatiques et des manipulations politiques de ceux qui salissent délibérément la mémoire et l’histoire de notre beau pays. Place est faite aux analyses métapolitiques, aux leçons du passé, à la défense prioritaire de l’État-Nation, à son indépendance, à sa souveraineté « une et indivisible » (quelle pénible farce que cette prétendue « souveraineté européenne » !) face aux dangereuses rêveries bruxelloises ou aux impostures mondialistes, à la dénonciation inlassable des maux qui minent notre pays : le déclin de sa démographie, son délitement social et familial, l’immigration incontrôlée, le multiculturalisme, la montée du péril islamique, le terrorisme et les idéologies mortifères qui remplacent aujourd’hui le vieux marxisme-léninisme et ses goulags : l’islamo-gauchisme, l’indigénisme, le décolonialisme, la cancel culture, l’ultra-féminisme… Il s’agit sans cesse d’attaquer le mal à sa racine, de dévoiler le dessous des cartes.

J’apprécie particulièrement la place faite au combat culturel et spirituel, aux comptes rendus de livres, à la critique de films ou de spectacles, aux références historiques constantes, à la défense de la langue de Molière et de Chateaubriand et surtout de la foi chrétienne, malheureusement subvertie de toute part, y compris de l’intérieur.

Ouvert aux grandes familles politiques de la droite, Politique Magazine incarne un traditionalisme intelligent, s’adaptant aux défis technologiques, économiques, financiers, aux mutations sociales irréversibles, tout en s’attachant à préserver les valeurs essentielles, constitutives de l’identité française et de la civilisation gréco-latine multiséculaire qui en a été le terreau. Comment ne pas penser que ce sont là les clés de l’avenir ? Longue vie donc à Politique Magazine ! Et en route pour le numéro 300 !


POLITIQUE MAGAZINE : UNE REVUE INDISPENSABLE

Par Jean des Cars

Dans la pénible et inquiétante époque que nous vivons, rares sont les lumières qui nous aident à avancer dans une nuit d’incertitudes et d’angoisses. À l’heure où j’écris ces lignes, nul ne sait si nous apercevons une lueur d’espoir ou si nous devons, encore, nous résigner à une vie étriquée, souvent caricaturale, réduite à peu de contacts et d’échanges. Mais ce que je sais est que l’arrivée du nouveau numéro de Politique Magazine sera instructif, informé et écrit dans une belle langue, la nôtre, qui ne s’aventurera jamais sur les sentiers boueux et dévastateurs de l’écriture inclusive… Voici une revue de haute qualité, sur le fond comme sur la forme, élégante, bien mise en pages par une illustration choisie avec talent. On mesure cet exploit quand on sait combien la presse écrite est menacée par une invasion d’images et de commentaires trop souvent dénués de réflexions et de connaissances. Si l’image vaut des milliers de mots, ici des milliers de mots nous permettent de voir des images de notre temps et du passé. L’histoire est rappelée avec pertinence et courage.

Politique Magazine défend la France quand elle est belle, courageuse voire héroïque, divertissante, et s’insurge contre la laideur et l’ignorance. De l’éditorial à l’actualité, des dossiers aux spectacles (le cinéma et le théâtre sont très bien servis par des plumes aussi élégantes que bien informées), c’est un plaisir. Et je m’y plonge avec bonheur ! On nous dit que le monde est devenu un village. Soit ! Mais alors il faut s’y promener avec gourmandise, curiosité et soulagement. Cette revue nous aide à comprendre le monde d’aujourd’hui, d’hier et d’envisager celui de demain. Dans ces temps calamiteux où d’anonymes, donc lâches, expéditeurs déversent des flots de haines, de jalousies, de fausses « informations », cette revue assure une mission de salut public. Depuis que j’y suis abonné, je n’ai jamais été déçu, même si certains éclairages méritent, parfois, d’être approfondis, ce qui est normal : la lectrice et le lecteur sont des partenaires. Et si un désaccord se glisse entre les mots ou les lignes, c’est une preuve de vie. Selon Paul Valéry, « la politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde », j’ose dire que notre chère revue « permet aux gens d’apprendre ce qu’ils doivent savoir ». Je souhaite, de tout cœur, longue vie à Politique Magazine. Le cardinal de Richelieu estimait que « la bonne politique est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire » Cette revue nous est nécessaire.

Partagez l'article...
Share on Facebook
Facebook

Auteur de l'article : PM

Publication de l'article : 24 mars 2021