Un théâtre de l’exigence

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N’attendez point de ce spectacle un florilège de bons mots ou d’aphorismes désabusés, encore moins de traits satiriques. Nous entrons dans le secret de cet homme meurtri que seule la nature semble vouloir sauver.

Si je pouvais m’arranger avec Dieu, je lui demanderais de me métamorphoser en arbre, en arbre qui, du haut des Croisettes, regarderait mon village.Comme les formes des arbres noirs se dissolvent peu à peu sous la neige, la parole succombe enfin au silence.

Jules Renard était d’abord et avant tout un homme de la campagne. La grande comédienne, Catherine Sauval, Sociétaire à la Comédie Française, où elle œuvra durant trente et un ans, nous livre ce message avec une grande émotion. L’interprétation est d’une grande rigueur, car la quintessence de l’œuvre implique de l’austérité.

L’auteur revient à sa nature première pour surmonter cette enfance qu’il a haï. Tiraillé entre le désir de s’imposer dans le domaine des Lettres et le retour à sa nature primordiale, il se dévoile dans cette lettre envoyée au grand homme de théâtre qu’était Antoine : « J’étais né pour regarder les arbres, et l’eau, et pour vous envoyer une fois par an, à titre d’admirateur, une bourriche de perdrix, bien plutôt que pour m’occuper de toutes ces gueules qui composent une salle du Théâtre Antoine. A chaque instant une voix me crie « Fais donc du théâtre ! » et une autre me crie « Quelque belle bucolique, à te rendre immortel ! »

Nous assistons à un spectacle de l’exigence de par son fond et sa forme. Le théâtre de Poche Montparnasse en est l’écrin.

Jules Renard, L’homme qui voulait être Un Arbre
Adaptation et interprétation de Catherine Sauval
Théâtre de Poche Montparnasse
01 45 44 50 21

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Publié dans : Culture, Théatre

A propos de l'auteur:

Chroniqueur théâtre

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