TV : un week-end bien pauvre

Chronique

Pas de Ce soir ou jamais, un simple best-of d’On est pas couché… Où donc trouver du clash et du sang, à la télévision française, entre journalistes, essayistes et politiques ?

Samedi : Claude Askolovitch recevait Nicolas Dupont-Aignan sur iTélé. La mine grave, comme à son habitude, le président de Debout la France réagissait à propos de la crise agricole. Un thème de circonstance en raison du salon de l’agriculture, qui se tient en ce moment à Paris, et au cours duquel François Hollande a été quelque peu bousculé. NPA s’en est pris violemment à… tout le monde. FNSEA, État français, Commission européenne, Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy etc. Tous sont, pour le député de l’Essonne, responsables de la crise qui touche les agriculteurs français. Seule la Coordination rurale trouve grâce à ses yeux, le « seul vrai syndicat » selon ses mots. Ça tombe bien, vous pouvez lire une interview de leur président sur notre site internet ici.

Dimanche : Éric Zemmour débattait avec Jean-Christophe Cambadélis sur BFM-Tv dans l’émission animée par Apolline de Malherbe. Deux bretteurs, incarnant à la perfection leur courant de pensée, s’affrontent pendant trente minutes sur un ton courtois, mais vif. Si l’essayiste semble fatigué au début, il devient inarrêtable à mesure que le débat avance. On le voit même trépigner sur sa chaise. L’adrénaline, sûrement. Il faut dire que ses coups font mouche à chaque fois. Ce jour-là, le secrétaire national du PS n’a pas grand-chose  dans les gants : il finit KO assez rapidement. Eric Zemmour s’est même fendu de quelques formules pas vraiment politiquement correct en expliquant, sans ciller, que « le grand remplacement est une réalité » ou que « l’islam n’est pas compatible avec la République ». Éparpillé façon puzzle, le Cambadélis !

Dimanche toujours : Composition d’invités improbable sur le plateau d’Ali Baddou, animateur du Supplément de Canal +. Guillaume Peltier, droite forte des Républicains, Peter Thiel, cofondateur de Paypal, milliardaire de la Silicon Valley et promoteur du courant libertarien et… Matthieu Delormeau, victime désignée de toutes les blagues potaches de Touche pas à mon poste de Cyril Hanouna sur D8. L’émission ouvre avec un reportage sur deux jeunes français, parisiens, partis aux États-Unis intégrer l’équipe de campagne de Bernie Sanders pour la primaire démocrate. En France, ils ne trouvaient aucun politique à soutenir… « Sauf Nicolas Hulot », explique l’un des deux jeunes. Qui les blâmera ? S’ensuit une nouvelle chronique sur les coulisses de la prochaine présidentielle française. Il est surtout question de Valls, Macron, Hollande… Du réchauffé. Puis, pour se faire peur, les journalistes sont allés à la rencontre de Jean-Marie Le Pen. Le « menhir » présente son projet : un livre sous la forme d’un abécédaire. Oui, « détail » et « holocauste » seront dedans. Ca promet ! Le reste de l’émission est consacré aux invités du jour. Guillaume Peltier fait du Guillaume Peltier, Peter Thiel assure la promotion de son livre De zéro à un : comment construire le futur. Matthieu Delormeau s’explique sur son rôle de bouffon à la télévision, lui l’ancien d’HEC et patron d’une société de production. L’intérêt général est compris entre zéro et un.

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Publié dans : Meilleur des mondes

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Journaliste

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