Mathieu Epinay répond aux commentaires d'un Internaute sur son article
intitulé Communications
tactiques militaires, voyage en absurdie.
NB : Vous pouvez lire les commentaires de Frédéric G. sous l'article de
Mathieu Epinay en vous inscrivant
gratuitement.
Cher Frédéric,
Merci beaucoup de l'intérêt que vous portez à nos
investigations. Nous comprenons votre enthousiasme pour un système dont la
technologie doit être fascinante mais qui, pour autant, reste un système conçu
avant la "révolution" Internet. Permettez ces quelques
remarques à votre contribution:
Pas plus que les
experts que nous avons consultés nous n'imaginons que des "clefs
nationales"
garantissent la confidentialité de nos échanges sur un système de
chiffrement américain.
- S'agissant des
projets de remplacement de la Liaison 16, nous nous en tenons au texte,
autorisé semble-t-il, du projet de loi de finance présenté par le
gouvernement.
- La question
d'un "langage commun en opérations internationales" est celle du périmètre de nos alliances,
elle est éminemment politique. Les Américains, qui développent des réseaux
de communication auxquels nous n'avons pas accès, en ont une vision
différente de la vôtre.
- S'agissant de nos ravitailleurs,
nous lisons que leur rénovation doit les mener en 2020 sans l'"indispensable" Liaison 16, alors que des Mirage 2000-5, qui
commencent à la recevoir seulement maintenant, seront retirés du
service en 2016. Tout cela ne paraît pas très cohérent.
- Nous avons bien noté
que le F22 n'émet pas sur la Liaison 16 pour des raisons de
discrétion. Nous nous étonnons qu'une telle règle ne soit pas appliquée au
Rafale.
- Dans les opérations
récentes en Libye, seuls nos Rafale et quelques Mirage 2000 D avaient la
Liaison 16. Les autres aéronefs: Mirage 2000D, Mirage 2000-5, Mirage 2000
N, Mirage F1, Hélicoptères de combat, ravitailleurs étaient engagés - sans
liaison 16 - dans des dispositifs où tout ne devait pas être "simple" comme vous l'écrivez un peu rapidement. Nous
doutons que les équipages de ces flottes, qui ont fait un travail
impeccable, partagent ici votre appréciation.
Le
plaidoyer que vous nous proposez avec beaucoup de conviction ne remet en cause
ni nos constats, ni nos conclusions qui gardent malheureusement leur
inquiétante brutalité. Pardonnez-nous donc d'y persister.
Bien
cordialement
M.E.