Le cœur noble de Christina Noble

Cine1

L’histoire est exceptionnelle. Celle de Christina Noble, une irlandaise au caractère bien trempé dont la vie pleine d’épreuves ne fit que renforcer la foi et l’altruisme. élevée dans la misère, elle se retrouve à dix ans chez les sœurs dans un orphelinat lorsque sa mère décède. Livrée à elle-même après s’en être échappée, elle se fait violer ; l’enfant qu’elle porte lui est cruellement retiré à la naissance. Dieu l’a-t-elle abandonnée ?

Rien ne dispose encore la jeune femme à partir à l’autre bout du monde, à céder à sa fascination irrépressible pour le Vietnam, cet Asie dont elle pressent le choc, « l’autre absolu », pour reprendre l’expression de Malraux, dont dépend son accomplissement. Elle y débarque en 1989. Ce qu’elle découvre la bouleverse : partout, les enfants Bui Doi, « poussières de vie » sans toit ni famille, qui n’ont d’autre horizon que les poubelles dans lesquelles ils piochent. Elle décide de changer leur destin.

Qualité d’écriture

On doit à SAJE Prod, distributeur de l’excellent Cristeros, la diffusion dans les salles françaises de cette petite pépite d’humanité dont la beauté des sentiments ne verse jamais dans la mièvrerie. Outre la composition exceptionnelle de l’actrice Deirdre O’Kane, aussi charmeuse que volontaire dans ses combats face aux lobbies financiers et aux administrations, le script bénéficie d’une qualité d’écriture assez inhabituelle pour un biopic.

Le réalisateur Stephen Bradley a su condenser son récit de telle sorte que l’on n’éprouve aucune longueur. On bascule d’un pan de vie à un autre de l’héroïne pour suivre des intrigues habilement enchâssées qui éclairent la trame principale. Difficile de ne pas rester ébloui devant cet attachant portrait de femme : la Christina Noble Children’s Fondation, qui a ouvert ses portes en Mongolie après Saïgon, a déjà permis de sauver plus de 700 000 enfants…

Christina Noble, de Stephen Bradley.
En salles.

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Publié dans : Culture

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