L’Odyssée

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A Louxor, en Haute Égypte, s’élève le pylône érigé par Ramsès II. Derrière se situe une vaste cour, une longue colonnade édifiée par Aménophis III et la salle hypostyle qui donne sur le naos, utilisé plus tard comme chapelle par les premiers Chrétiens. Le temple était gardé, depuis l’Antiquité, par deux obélisques placés de part et autre de l’entrée. Ces deux monolithes incarnent des doigts levés indiquant aux hommes la direction du ciel, jonction entre le temporel terrestre et le monde des dieux.

Mais en 1822, Jean-François Champollion découvre le secret de l’écriture pharaonique. Par la suite, Charles X le charge d’une expédition scientifique, en Égypte, de 1828 à 1830. Au cours de ce périple, Champollion rencontre le vice-roi d’Égypte, Méhémet-Ali qui, à la demande de l’illustre archéologue, offre au Royaume de France les deux obélisques de Louxor. Le choix se porte sur l’obélisque occidental, plus proche du Nil. Il mesure 22,84 mètres de hauteur et pèse entre 220 et 230 tonnes. Il est d’une fragilité de verre !

Commence alors une grande aventure, une odyssée : son transport de Louxor à Paris.

Les opérations sont confiées à Apollinaire Lebas, ingénieur du Génie maritime, Raymond de Verninac Saint-Maur, lieutenant de vaisseau et son second, Léon de Joannis. En août 1831 le navire baptisé « Luxor » venant de Toulon arrive devant le temple. En octobre le monolithe, est descendu au moyen d’un coffrage de bois, et d’une glissière qui nécessite l’aide de plus de deux cents personnes pour le riper jusqu’au bateau. En août 1832, la nef descend le Nil pour rejoindre en janvier 1833, Alexandrie. A la remorque du bateau « Sphinx » on s’élance sur la mer Méditerranée et l’océan Atlantique pour atteindre Cherbourg durant l’été 1833 et remonter la Seine, jusqu’à Paris afin de le débarquer sur la Place où fut exécuté le roi Martyr. Mais la politique fit qu’après l’abdication de Charles X, ce fut Louis-Philippe Ier qui en fut le récipiendaire. Le choix de la Concorde, qu’il imposa, était certainement inspiré par le désir d’occulter le souvenir et symbole de ce lieu marqué par la guillotine.

Le 25 octobre 1836, près de 300 000 parisiens assistent à l’érection de l’Obélisque en présence du roi. Cette manœuvre, prouesse technique, a aussi pour témoin Jacques Joseph Champollion- Figeac, frère aîné de Jean-François, mort prématurément en 1832.

A Paris, au musée de la Marine, on traversera les dédales où sont exposés les maquettes de nos navires et les portraits de ceux qui les dirigèrent. Au fond une série de salles relate avec documents, croquis et tableaux la grande Odyssée du voyage de l’Obélisque ; un voyage reliant les pharaons à notre histoire nationale.

Le voyage de l’Obélisque : Louxor / Paris (1829-1836), jusqu’au 6 Juillet 2014 Musée national de la Marine, 17, place du Trocadéro, Paris 16éme, tél. 01 53 65 69 53 – réservation@musee-marine.fr Lundi, mercredi, jeudi, vendredi, de 11h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 19h. Tarif exposition + collections : 10 €

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Publié dans : Culture

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Chroniqueur théâtre

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